Depuis 2012, une équipe d’éducateurs de l’Institut médico-éducatif (IME) Amalthée de Rosny-sur-Seine organise des ateliers voiles pour six jeunes autistes âgés de 14 à 21 ans. Au delà du loisir, cette pratique a une vraie visée éducative, pédagogique et thérapeutique. A raison de huit demi-journées par an, Alexia, Lucile, Antoine, Rémi, Guillaume et Malik rejoignent la base de loisirs des Boucles de Seine où ils naviguent sur des voiliers.

Sebastian Flores, éducateur à l’IME Amalthée, est à l’origine de ce projet, idée qu’il tire d’une ancienne expérience d’encadrement. En quatre ans, il a pu constater leur progression grâce à la voile et n’en compte plus les avantages. « Une des plus grosse problématique de l’autisme est l’appréhension au niveau du corps, explique Sebastian Flores. On a remarqué avec cet atelier qu’être porté par l’embarcation permet aux jeunes de prendre conscience de leurs corps. »
Sur l’eau, ces jeunes se retrouvent par deux dans des bateaux prévus pour des personnes à mobilité réduite, et naviguent en suivant les instructions de Régis, responsable des activités à la base de loisirs. Lui a aussi constaté « des évolutions énormes sur l’autonomie et la communication ».

Huit fois par an, six jeunes autistes de l’IME Amalthée pratiquent la voile à la base de loisirs des Boucles de Seine. L’objectif est thérapeutique.
Huit fois par an, six jeunes autistes de l’IME Amalthée pratiquent la voile à la base de loisirs des Boucles de Seine. L’objectif est thérapeutique.

Un autre aspect positif relevé par Sebastian Flores est que le fait d’être en groupe, de partager un effort et du plaisir, leur permettent aussi de sortir de l’isolement car « ils sont obligés de créer de l’interaction sociale ». Cette démarche est accompagnée d’un travail sur l’aspect cognitif. « Nous essayons de mettre des mots sur les sensations qu’ils ressentent, ce qui est une autre grosse problématique de l’autisme », indique Sebastian Flores.

Les éducateurs de l’IME ont aussi inventé une « table à nœud », où se trouvent différents types de ficelles. Grâce à celle-ci, les éducateurs apprennent aux jeunes autistes à faire des nœuds marins : « ça travaille la motricité fine et même l’autonomie, avec un exemple concret : on a un jeune qui est a deux doigts d’arriver à faire ses lacets. On espère que d’ici l’été, il en sera capable. » Les progrès se font à petite échelle et au fur et à mesure : « On voit qu’ils font de plus en plus de choses d’eux-mêmes. On est vigilant aux petits détails. » « Je n’ai jamais vu d’autres expériences similaires avec la voile, alors que ça existe pour le cheval, les animaux domestiques, etc, confie Sebastian Flores. Il n’y a rien de similaire donc il y a tout à inventer. On a envie de partager et voir si d’autres éducateurs ou skippers seraient tentés, pour que la pratique de la voile puisse servir au plus de jeunes autistes possibles. »

Séjour-régate en eaux bretonnes

Parmi les six jeunes participants à l’atelier, cinq prendront part au séjour-régate « Défis voile Bretagne » organisé par l’Association des paralysés de France (APF). Accompagnés de trois animateurs de l’institut médico-éducatif Amalthée, les jeunes vogueront dans la baie de Quiberon du 6 au 10 juin prochains.

« Ce sera la première fois qu’on y participe, et la première fois qu’une équipe d’autistes y participe. », précise Sebastian Flores, éducateur à l’IME Amalthée de Rosny-sur-Seine. Le budget prévu pour participer au « Défis voile Bretagne » est de près de 3 500 euros, pour lequel « on cherche des subventions auprès des entreprises locales », explique Sebastian Flores. Si vous êtes intéressés pour soutenir ce projet, contactez l’IME Amalthée par courriel à amalthee@arisse-asso.fr
ou au 01 30 42 74 60.