Sur 80 à 90 appartements créés, 40 % devraient être des logements aidés. Tel est l’objectif du projet d’aménagement de la rue du Général Gallieni. Si la commune n’est plus soumise à pénalités pour non-respect de la loi sur la Solidarité et le renouvellement urbain (SRU), elle est toujours dans une course à la construction de logements sociaux (voir le dossier de La Gazette du 11 mai).

C’est attentive que la population s’est déplacée mardi dernier afin d’assister à la seconde réunion de concertation. En effet, si les Triellois comprennent la pression à laquelle fait face la commune de la part de l’État, ils ont exprimé de nombreuses craintes quant à la manière dont se construit le projet. Ainsi, les conséquences que cela pourrait avoir sur leur environnement et sur les futurs habitants.

Proche de la gare, le terrain est situé entre les voies ferrées et d’anciennes maisons construites en hauteur. Cette spécificité géographique suppose une proximité avec le transport de frêt ferroviaire, source de plusieurs nuisances : vibratoires et sonores. « Je connaissais bien le bruit à Paris mais je ne connaissais pas le frêt, dévoile Jérôme qui habite depuis 5 ans l’une des maisons situées sur les hauteurs. Au début, je me réveillais en pleine nuit quand un train de marchandises passait. On croit toujours que l’on va s’habituer mais non ».

Comme lui, plusieurs Triellois ont mis en garde les acteurs présents ce soir là. Responsable de projets sur les Yvelines pour l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif), Fabrice Dablin a indiqué que « plusieurs études techniques menées ont permis d’identifier ces contraintes ». Qui plus est, il a fait savoir que les techniques de construction sont plus performantes aujourd’hui en terme d’isolation. Ce dernier point laisse dubitatif les Triellois confrontés quotidiennement à ces nuisances.

Le projet développé par la municipalité est de proposer 40 % de logements locatifs aidés, le reste étant des appartements appartenant au secteur privé. « L’objectif est d’apporter une mixité sociale mais le but ne sera jamais atteint. Il n’y a que des gens défavorisés qui vont accepter de vivre avec de telles contraintes », regrette Philippe, habitant de la commune depuis 21 ans.

Même constat pour Jérôme : « Personne ne va accepter de vivre là, ce n’est pas un environnement opportun. Les gens vont se sentir parqués, coincés dans une rue ; c’est dans l’intérêt de tous d’intégrer des logements sociaux dans un environnement favorable ». La municipalité espère qu’à l’horizon 2017, le projet sera mis au point et qu’un permis de construire pourra être déposé.