Depuis plusieurs mois maintenant, ce Carriérois, développeur informatique de profession, passe ses week-ends à proposer sa première bière officielle en dégustation aux patrons de commerces franciliens. Il faut dire que Jérôme Gauthier n’a pas pour habitude de faire les choses à moitié quand il se découvre dans un nouvel intérêt.

« D’une manière générale, j’ai l’impression d’être devenu de plus en plus passionné et entier dans ce que je fais, à mesure que je vieillis », commente ce père de famille de 48 ans à son domicile dont certaines pièces sont encombrées de fûts de fermentation, en métal ou en plastique. Depuis deux ans qu’il brasse en amateur, pas moins de 39 bières différentes ont été produites dans sa maison proche de la Seine.

Cette passion plutôt jeune fait suite à plusieurs autres, souvent explorées à fond pendant quelques années avant qu’il ne se porte sur autre chose. Le revers d’une grande stabilité professionnelle ? « Ma particularité est que je suis toujours dans la même société 26 ans après y être entré, évoque Jérôme Gauthier.
Ca fait partie de mon côté entier : si ça se passe bien, je reste. »

Originaire de Lannion (Côtes d’Armor), il en part à 20 ans pour faire son service militaire, et devient Yvelinois à la sortie, ayant trouvé du travail au Pecq. Avec sa femme, ils se passionnent pour le vin, jusqu’à effectuer leur voyage de noces à Pauillac (Gironde). Lui, la trentaine arrivée, se met à la moto. Deux accidents et deux enfants plus tard, « j’ai compris qu’il fallait arrêter », note-t-il dans un sourire, lui qui rappelle : « Ma première passion reste ma femme. »

« D’une manière générale, j’ai l’impression d’être devenu de plus en plus passionné et entier dans ce que je fais, à mesure que je vieillis », commente ce père de famille de 48 ans.
« D’une manière générale, j’ai l’impression d’être devenu de plus en plus passionné et entier dans ce que je fais, à mesure que je vieillis », commente ce père de famille de 48 ans.

C’est avec elle qu’il passe au hobby suivant, cette fois-ci poussé très loin par le couple : la course à pied. Il participe à son premier marathon en 2007 avant de passer au trail l’année suivante, jusqu’à courir les 80 km du Mont Blanc en 2013 : « 6 000 mètres de dénivelé, ça pique un peu… cette année-là, j’en ai trop fait, j’ai fini par me blesser trois mois après. »

Sa convalescence est cependant trop lente pour cet énergique de nature. En avril 2014, il décide, sur un coup de tête, de se lancer dans le brassage amateur. « Ce n’est pas vraiment nouveau dans la famille, j’ai toujours vu mon père essayer de faire son pain et son fromage, il avait une champignonnière », se rappelle-t-il de son paternel, un pilote d’hélicoptère.

Il progresse, jusqu’à franchement apprécier ses recettes. « Comme je suis à fond, à 200 % dedans quand je me mets à quelque chose, si ça me plaît, ça doit marcher assez rapidement », explique-t-il de ses progrès. Une recette de blonde lui plaît particulièrement, Jérôme Gauthier la soumet en avril 2015 au jury d’un salon de brasseurs à Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine… et gagne !

Avec le frère d’un ami de course à pied, entrepreneur dans les Hauts-de-Seine, il décide de se lancer dans la production de sa recette. Il lui faut maintenant écouler les 18 000 bouteilles de cette bière nommée Cat et brassée en Belgique. Avant de lancer d’autres recettes si le succès est au rendez-vous ? « J’ai plein d’idées », lance le brasseur encore amateur mais déjà très éclairé.