Juste derrière la mairie de Poissy, le projet immobilier porté par le promoteur privé Nexity risque de prendre un léger retard. Les fouilles préventives réalisées sur ce terrain début mars, par trois archéologues du service archéologique départemental des Yvelines (aujourd’hui mutualisé avec celui des Hauts-de-Seine pour devenir le Service archéologique interdépartemental, Ndlr), ont permis de découvrir des vestiges datant de l’Antiquité et du Moyen Âge.

« L’État nous impose de tester au moins 10 % du terrain, qui fait autour de 1200 m², explique Nicolas Girault, archéologue responsable d’opération, spécialiste du Moyen Âge. Mais le terrain a été fortement remblayé au XIXème siècle, sans doute pour le marché au Boeuf. Ce qui nous intéressait le plus se trouvait donc entre 1,5 et 2,6 mètres de profondeur et nous avons dû ouvrir presque 20 % de la surface du terrain. »

Ces fouilles ont permis à l’équipe d’archéologues de caractériser quatre périodes d’occupation. « Nous avons retrouvé des traces de fossés datés de l’Antiquité dont on ne sait pas exactement à quoi ils correspondent, détaille Nicolas Girault. Par-dessus, on a des vestiges du XIIIème au XVème siècle avec notamment deux bâtiments du XIVème siècle et des vestiges de maçonneries qui pourraient être liés aux remparts de la ville qui se trouvaient ici à l’époque. On a aussi trouvé une petite construction du XVIIème siècle et deux massifs de fondations du XIXème siècle qu’on suppose être liées à des enclos, avec le marché au Boeuf. »

Outre les traces de construction, les archéologues ont déterré de nombreuses céramiques du début du XIVème siècle, « caractéristiques des productions pisciacaises » ; une monnaie de Charles IV, roi de France entre 1322 et 1328 ; un élément de ceinture de la fin du XIIIème siècle ; et un peu de céramique du XIVème siècle.

L’équipe d’archéologues s’attendait à trouver des vestiges avant les fouilles. « Dès le départ, on a superposé l’emprise prescrite avec des plans anciens donc on savait qu’on allait trouver des vestiges […] si les conditions de conservations étaient bonnes »,
indique Nicolas Girault. C’est le remblais réalisé pour le marché au Boeuf au XIXème qui a enfoui les vestiges et permis leur bonne conservation. « On ne s’attendait cependant pas à trouver autant de types d’activités avec des marché, rue, bâtiment, etc. »

Suite à ces découvertes, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) d’Île-de-France a demandé des fouilles plus approfondies. A la charge maintenant du promoteur de lancer un appel d’offres pour tester la totalité de la superficie du terrain. « On se réjouit que la Drac ait demandé des fouilles car cela va permettre d’améliorer la connaissance de ce quartier et confirmer nos hypothèses », apprécie Nicolas Girault. De son côté, Karl Olive (LR), maire de Poissy, souhaite « profiter de ces nouvelles fouilles pour que les écoles puissent venir jeter un œil ».

La Villa Savoye entre au patrimoine mondial de l’Unesco

640-villa savoye
La bonne nouvelle pour la ville de Poissy est tombée le 17 juillet. L’Unesco (l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a officialisé sa décision : la Villa Savoye et la loge du jardinier font partie des 17 sites retenus parmi l’œuvre de Le Corbusier à rejoindre le Patrimoine mondial.

« Ce classement est exceptionnel, c’est une nouvelle locomotive pour Poissy, apprécie Karl Olive (LR), maire de la commune. C’est le fruit d’un travail d’équipe avec notamment la fondation Leee Corbusier, le centre des monuments nationaux et la ville. »

L’inscription de la Villa Savoye au Patrimoine mondial de l’Unesco relance aussi l’idée de la création d’un musée dédié à Le Corbusier à Poissy. « Ce musée est plus que jamais en train d’être travaillé, précise Karl Olive. Un travail est fait actuellement avec le ministère de la culture et la fondation Le Corbusier dans ce sens. »