Depuis cet été, les premiers policiers municipaux de Poissy commencent a être armés. « Nous avions demandé l’armement de notre police municipale en juin 2014, indique Karl Olive (LR), maire de Poissy. A l’origine cette demande était dans le cadre de la prévention des risques urbains. C’est un lent processus, mais avec les circonstances, ça a été plus rapide. »

C’est en novembre 2015 que la préfecture répond favorablement à Poissy pour sa demande de détention d’armes en destination de la police municipale. Début décembre, l’État a ainsi mis à disposition de la ville 44 revolvers, correspondant aux 44 agents que compte la police municipale pisciacaise. « Ces armes à barillet valent 1000 euros pièces, précise Franck Maroné, responsable de la police municipale de Poissy. Mais le coût pour la commune est de 0 euro car elles nous sont prêtées par l’État. »

Patrice, l’un des municipaux pisciacais ayant reçu l’autorisation de porter une arme, est satisfait de cette nouveauté. « Mon métier n’a pas changé mais maintenant, je sais que en cas de besoin, j’ai quelque chose pour aider », apprécie ce dernier. Par le passé, Patrice s’est retrouvé deux fois face à des personnes armées et estime avoir « eu de la chance que ça se passe bien ».

A l’heure actuelle, 14 des policiers municipaux ont depuis reçu la formation nécessaire (voir encadré), dont sept ont reçu l’autorisation de la Préfecture d’être armés. « L’objectif est qu’avant la fin de l’année, les 44 soient armés, confie Franck Maroné, responsable de la police municipale de Poissy. C’est un outil supplémentaire de protection qui permet de garantir sa sécurité, celle des collègues et de tout administré. »

Police municipale armée : Poissy va plus loin que le cadre légal

Pour permettre aux policiers municipaux de détenir une arme, ces derniers doivent suivre une formation comprenant un volet juridique de 12 heurs et un volet pratique de 45 heures. Le cadre légal impose aussi aux communes d’effectuer des demandes individuelles auprès de la préfecture, accompagnées d’un certificat médical, fait par un médecin généraliste attestant des aptitudes physique et psychique de l’agent.

La municipalité de Poissy a choisi d’aller plus loin en faisant faire ces certificats par un psychiatre, et en imposant aux agents d’y repasser tous les deux ans. Une fois l’autorisation desservie par la Préfecture, la législation prévoit deux séances d’entraînement par an pour 50 cartouches. Et là encore, la ville a fait le choix d’aller au-delà avec quatre sessions annuelles pour 200 cartouches.