A la librairie du Pincerais, ils font la queue pour faire dédicacer par leur maire Karl Olive (LR) son livre, mi-autobiographie mi-plaidoyer politique (voir encadré), publié le 25 août dernier. Entre 100 et 150 Pisciacais, mais aussi quelques fans venus des communes voisines, ne cachent pas leur enthousiasme en ce samedi après-midi. Ils profitent de l’occasion pour mieux connaître, encourager ou remercier le natif de la ville, élu en 2014 après une campagne de terrain menée dès 2008.

Appliquant là aussi les recettes décrites dans son ouvrage, le maire, toujours souriant, connaît une majorité de ceux venus le voir, rencontrés avant ou depuis son élection. Aux autres, il se montre intéressé qui à leurs origines, qui à l’endroit de Poissy où ils résident. Ceux qui ont des demandes, des remarques et même parfois un courrier, sont aussitôt dirigés vers un agent municipal chargé de noter leurs coordonnées et de rappeler, si possible rapidement.

Environ 250 livres ont été vendus à la librairie du centre-ville depuis le 25 août, dont une bonne centaine en cette après-midi de dédicace.
Environ 250 livres ont été vendus à la librairie du centre-ville depuis le 25 août, dont une bonne centaine en cette après-midi de dédicace.

« Il se souvient de pas mal de gens qu’il a croisé une ou deux fois », remarque ainsi Patrick, habitant Poissy depuis 15 ans. Il avait rencontré Karl Olive comme maire, à l’occasion d’un désagrément près de chez lui : « Depuis qu’il est là, je trouve que beaucoup de choses ont évolué positivement. » Pas militant politique, il peut voter à droite comme à gauche mais avait choisi d’apporter sa voix au nouvel édile en 2014. Cet ancien salarié du secteur pharmaceutique de 63 ans a acheté le livre « pour savoir ce qu’il raconte et ce que sont ses idées ».

Elle aussi Pisciacaise depuis une quinzaine d’années, Rachida, 40 ans, n’avait pas voté pour lui aux élections municipales et l’a découvert ensuite. « J’avais envie de lui apporter mon soutien et de le remercier, explique cette mère de famille. Il est très présent, il fait vivre la ville en étant à l’écoute des besoins des gens et en faisant de petites actions, je pense que c’est plus porteur que de grosses choses médiatisées. »

La publication de Ma ville, ma bataille semble rencontrer un certain succès, 900 des 3 000 exemplaires imprimés ayant déjà été écoulés selon le maire-auteur. « J’aimerais vendre tous les livres comme ça », se réjouit Jean-François Poignet, patron de la librairie située à deux pas de l’hôtel de ville. Il en a ainsi vendu environ 250 depuis le 25 août, dont une bonne centaine en ce samedi de dédicace.

L’action comme méthode politique

Tout au long des 180 pages de Ma ville, ma bataille, Karl Olive (LR) raconte sa vie, un peu, et son attachement pour Poissy, beaucoup. Il y développe sa méthode et sa conception de la politique locale, lui qui souhaite faire de la commune un « laboratoire national ». L’homme a le désir de conquête chevillé au corps. Foin d’idéologie politique, le maire dirige Poissy comme une entreprise : action, communication et pragmatisme sont ses mots d’ordre.

L’écriture est indiscutablement la sienne, fait suffisamment rare chez les hommes politiques pour être ici signalé. Faite de phrases courtes et percutantes, elle reflète son passé de journaliste comme son présent d’homme politique. « On croirait l’entendre parler », note justement une fonctionnaire municipale présente à sa dédicace. Karl Olive n’est pas auteur à épiloguer, les exemples sont concrets et la volonté inébranlable.

« Il ose, innove, choque peut-être parfois […] le courage ne lui manque pas », loue ainsi en préface le président du Sénat et Yvelinois Gérard Larcher (LR). Récit d’une ascension, professionnelle puis politique, l’ouvrage retrace ses plus de six ans d’une campagne électorale de terrain et ses deux premières années de mandat. Il est parsemé d’anecdotes personnelles, de remerciements et d’une méthodologie toute centrée sur l’action.

« Une idée n’est ni de gauche ni de droite, elle est bonne ou elle ne l’est pas », avance Karl Olive, « pas entré en politique dans une logique partisane », pour qui « décider, c’est agir ». Cet adepte du « management-minute » n’hésite jamais à comparer la gestion d’une commune avec celle d’une entreprise, et assume d’y avoir adopté les mêmes méthodes. L’homme, mené par le tryptique « travail-talent-réussite », aspire à un destin national. Avec ce livre, il en pose manifestement un des jalons.