L’installation de caméras dans les rues d’Epône et de Vaux-sur-Seine devra probablement se passer des subventions de l’État. Le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ne dispose plus de crédits suffisants cette année pour financer tous les dossiers. Jugées non prioritaires, les deux communes pourront peut-être obtenir une subvention l’an prochain… seulement si elles attendent avant d’engager les travaux.

A la rentrée, le maire épônois Guy Muller (LR) n’a pas caché sa déception face au sous-préfet de Mantes-la-Jolie, présent pour une visite gouvernementale. Cela fait en effet 18 mois qu’il attend d’obtenir une réponse positive à sa demande de subventions, envoyée en 2015 au FIPD dont une part importante est réservée à l’installation de caméras.

Ce financement étatique est espéré à 50 000 euros, mais il conditionne surtout pour Epône une autre subvention de 100 000 euros. Cette dernière, intercommunale, ne sera versée que jusqu’à la fin de l’année, sauf si la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) en vote la prolongation. L’argent est sollicité pour soutenir l’installation de 31 caméras au sein d’un système estimé à 432 000 euros.

A Vaux-sur-Seine, le maire Julien Crespo (SE), qui attend une subvention du FIPD depuis plusieurs mois, a envoyé un courrier au ministère de l’intérieur dans l’espoir de débloquer son dossier. Il pourrait bien décider de s’en passer afin de pouvoir lancer les travaux. Non prioritaire, sa commune est en effet loin d’être certaine de bénéficier de ce financement, même en 2017.

« Cette année, plus de 600 dossiers n’ont pu être financés, on établit des priorités sur l’ensemble du territoire national, explique Elisabeth Sellos-Cartel, adjointe au préfet délégué aux coopérations de sécurité, chargée du développement de la vidéo-protection. Ces communes ne sont pas les plus touchées par la délinquance, nous n’avons pas eu les moyens de les prendre en charge. »

En 2016, le fonds disposait d’un budget de 15 millions d’euros, identique par rapport à l’année prévécédente, mais l’Euro de football est passé par là. « Le FIPD a beaucoup contribué au dispositif de prévention, indique Elisabeth Sellos-Cartel. Ca a des conséquences sur de petits projets, qui ne peuvent plus être financés parce que nous n’avons plus assez de crédits. »

Alors qu’Epône et Vaux-sur-Seine comptaient fermement sur l’obtention de cette assistance financière, l’adjointe au préfet fait noter que rien n’est assuré. Ainsi, elles pourront « éventuellement » obtenir une subvention en 2017, si elles n’ont toujours pas engagé les travaux.