Après quatre mois d’attente et de spéculations, le sort de la dépouille de Larossi Abballa, abattu au domicile de ses victimes, a été tranché. Son corps a été transféré puis inhumé au Maroc le 30 septembre dernier. Michel Vialay (LR), maire de Mantes-la-Jolie, s’était toujours opposé à ce que le terroriste soit enterré sur son territoire.

Le 13 juin dernier, Larossi Abballa avait assassiné Jean Baptiste Salvaing, commandant de police aux Mureaux, ainsi que sa compagne, Jessica Schneider, à leur domicile de Magnanville. Le groupe terroriste Daech avait ensuite revendiqué l’attaque. Dans un premier temps, la famille du « tueur de Magnanville » avait émis le souhait que le jeune homme soit enterré à Mantes-la-Jolie, où il était domicilié avant de perpétrer son crime.

La demande avait suscité l’embarras de la commune, qui avait martelé son opposition, arguant des risques de troubles à l’ordre public. Par communiqué de presse, la municipalité se félicite de « l’obstination d’une ville qui n’a pas cédé sur ses principes ».

Une partie de la communauté musulmane de Mantes-la-Jolie a toujours refusé que Larossi Aballa soit enterré dans le Mantois. La Grande mosquée avait indiqué ne pas vouloir organiser de rite funéraire. Sa dépouille a depuis été inhumée en toute discrétion au Maroc. Le royaume chérifien avait jusqu’ici toujours refusé d’accueillir les sépultures de terroristes français sur son sol.

Une procédure est toujours en cours, la ville ayant déposé une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur le sujet. Le Conseil d’État devrait se prononcer sur le fond du dossier, une décision attendue qui fera jurisprudence en France. De quoi trancher une question essentielle depuis le cas Mohammed Merah (terroriste ayant perpétré les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban, Ndrl) : où enterrer les djihadistes assassins ?