Ce soir-là, les sabres lasers illuminent la salle du Cosec de Triel-sur-Seine de rouge, bleu et vert. Depuis la rentrée, le club d’escrime de la ville, en partenariat avec l’Académie de sabre laser de Saint-Quentin-en-Yvelines, propose des cours de sabre laser. Tous les mardis soirs, pendant deux heures, Cédric Giroux, fondateur de l’Académie de sabre laser, vient enseigner cette pratique aux 14 apprentis Jedi qui ont répondu à l’appel de la force.

Pour Cédric Giroux, pratiquant d’arts martiaux depuis 20 ans, et fan de la saga Star wars, « le passage au sabre laser a été naturel car ça combine plusieurs pratiques que je connais ». Début 2016, il fonde son Académie de sabre laser, affiliée à un homologue américain : l’Académie de sabre laser Terra prime. Cette dernière existe depuis 2012 et a « codifié la pratique avec une vraie insistance sur la protection des participants ».

Tout le matériel nécessaire à la pratique est mis à disposition des participants : l’indispensable sabre laser, fabriqué spécialement pour la pratique sportive, mais aussi des gants en kevlar et un masque d’escrime. Car derrière l’aspect loisirs, l’ambition de Cedric Giroux est d’en faire « un vrai art martial » : « on veut montrer que le sabre laser n’est pas juste un jouet ».

Ainsi, comme pour tout sport de combat, un système de grades a été mis en place par Terra prime, que reprend l’académie de sabre laser yvelinoise. Il y a en tout sept grades, qui sont autant de styles de maniement de sabre, et qui permettent de faire évoluer les sportifs vers des mouvements et styles de combat plus difficiles.

L’ambition de Cedric Giroux est d’en faire « un vrai art martial ».
L’ambition de Cedric Giroux est d’en faire « un vrai art martial ».

Pour Nathalie Savio, présidente du Triel escrime, l’objectif de ce cours de sabre laser est de proposer une nouvelle activité que tout le monde peut pratiquer. « J’aime ce côté sport pour tous, apprécie-t-elle. On peut mettre dans la même pièce des gens très différents. » Le pari semble réussi : des apprentis Jedi de tous sexes confondus, de 15 à 52 ans, qui viennent seuls, en famille ou entre amis. « On peut venir sans jamais avoir pratiqué car on part du principe que les participants vont apprendre un nouvel art martial », confirme Cédric Giroux.

C’est aussi un moyen d’attirer un nouveau public vers les sports de combat. « Je me suis inscrit pour deux raisons : la passion et le sport, explique Bernard, 52 ans, l’aîné du cours. Ça fait 15 ans que je n’avais pas fait de sport, je voulais m’y remettre. Et avec le sabre laser, j’assouvis ma passion pour Star wars. » Des raisons partagées par Barbara, 18 ans, attirée par ce « sport original qui en combine plusieurs ». « Dans ma famille, on est tous fans de Star wars, ajoute la jeune femme. A la base, je voulais faire de l’escrime, puis je me suis tournée vers le sabre laser. Et comme ça j’en fait avec mon frère. »

Benjamin, Vernolitain de 36 ans, est lui aussi un grand fan de la saga. Si à l’origine, il faisait surtout du cosplay (se déguiser comme des personnages de fiction, Ndlr), Benjamin a voulu « essayer la pratique du sabre laser en commençant par un stage pour apprendre les mouvements. » Mais en découvrant « que c’était aussi bien encadré », il a été convaincu de s’inscrire aux cours.

Si le nombre de places au cours de sabre laser est limité à 20, en raison du nombre de sabres laser lumineux dont dispose l’académie de sabre laser, seules 14 personnes se sont pour l’instant inscrites. Il reste donc un nombre limité de places. Tous les renseignements sont disponibles sur le site academiedesabrelaser.fr ou trielescrime.fr.

Vers une intégration à la fédération d’escrime ?

Si la pratique est bien codifiée, c’est aussi le cas de la compétition. L’académie américaine de sabre laser Terra prime, à laquelle est affiliée celle qui enseigne à Triel-sur-Seine, a établi un certain nombre de règles pour mettre en place des compétitions. « Il existe quatre formes de compétition : purement technique, chorégraphique, en duel ou combat en équipe », détaille Cédric Giroux. Cela permet de satisfaire « ceux qui pratiquent pour la chorégraphie et les autres qui veulent de vraies sensations de combat ».

Mais pour gagner en crédibilité et organiser des compétitions, Cédric Giroux confie être actuellement en discussion en vue d’une intégration avec la fédération française d’escrime. « On veut montrer qu’il s’agit d’un vrai art martial et on veut encadrer la pratique, confie Cédric Giroux. On a toutes les caractéristiques pour que ça plaise à la fédération. »