Une certaine confusion, sinon une confusion certaine, continue visiblement à régner chez les socialistes conflanais depuis le naufrage de la gauche aux élections municipales de 2014. Les plaies, issues de la bataille féroce ayant eu lieu à l’époque entre deux listes se revendiquant du PS, ne sont toujours pas pansées.

Sur son nouveau blog, la section PS s’est récemment distanciée des votes et des propositions du groupe des « élus socialistes » de la liste Conflans au naturel (Can), présents dans l’opposition au conseil municipal (photo ci-dessus). Les socialistes de la section déplorent ainsi la suggestion faite de débaptiser la place Auguste Romagné en faveur de Michel Rocard, emblématique ancien maire récemment décédé (voir encadré).

« La situation m’apparaît très claire, même si, de l’extérieur, ça peut paraître compliqué, explique Christophe Paris, nouveau secrétaire de la section PS conflanaise depuis juin 2015. Après les élections, certains de la liste Esnol-Ervera (Groupe Can, Ndlr) ont proposé de reconstruire le PS à partir de leur groupe en excluant les traîtres [de l’autre liste] . »

Lui n’était candidat d’aucune des deux listes, et affirme avoir défendu l’idée « qu’on travaille tous ensemble que ça nous plaise ou non ». Il estime que « cette position politique a gagné en interne » depuis sa propre élection, et avance aujourd’hui « une dynamique très forte » avec une centaine d’adhérents.

« Au sein de Can, nous avons son président et deux personnes (sur six élus, Ndlr) qui ne participent plus du tout au PS, indique-t-il pour justifier sa décision de faire connaître publiquement le désaccord entre section et groupe d’opposition. Qu’ils se vivent comme socialistes, j’en suis content, mais on ne peut pas revendiquer de s’exprimer au nom du PS quand on ne participe plus. Cette ambiguité permanente n’est plus supportable parce qu’elle n’est pas lisible. »

Joint par La Gazette, Farid Hatik (PS), le président du groupe Conflans au naturel, ne souhaite pas commenter la situation actuelle. Avec les cinq autres élus, il vient cependant de publier un tract de quatre pages, premier numéro d’un nouveau journal « des élus socialistes et DVG »… et dont la Une contient le logo du PS.

La guerre des roses ne semble donc pas prête de faiblir entre socialistes. Aujourd’hui, l’électeur conflanais se sentant proche des idées du parti socialiste a ainsi le choix entre le site internet des « Elus socialistes de Conflans » sur conflans-sainte-honorine.net, et la « Section de Conflans-Sainte-Honorine » sur psconflans.fr.

Ils se disputent la dépouille de Rocard

La division entre socialistes du conseil municipal et de la section n’a jamais été aussi visible que depuis le décès de Michel Rocard, maire socialiste de Conflans-Sainte-Honorine de 1977 à 1994. Alors que le groupe Conflans au naturel (Can) proposait en conseil municipal « de débaptiser la place Romagné au profit du nom de Michel Rocard », la section socialiste répondait sur internet être « totalement opposée à cette proposition ».

« Auguste Romagné, résistant, maire de Conflans à la Libération a joué un rôle prépondérant dans cette période si difficile », arguent ainsi ceux de la section, proposant plutôt de baptiser un autre endroit au nom de Rocard. Ils ont été peu sensibles à l’argument des élus du groupe Can selon lesquels « ce choix ne lèsera pas à notre sens les héritiers d’Auguste Romagné sachant qu’il y a déjà une rue qui porte son nom ».