La première phase du plan de retour à l’équilibre financier du centre hospitalier François Quesnay, en 2015, était déjà décrite comme difficile. La seconde, démarrée en début d’année, s’avère particulièrement rigoureuse : les services et les postes de travail sont réorganisés pour permettre la suppression de 55 à 65 postes supplémentaires (sur environ 1 800 agents, Ndlr), un cabinet est en cours de recrutement pour « optimiser » le codage des séjours d’hospitalisations, tandis que le parking devrait devenir payant l’an prochain.

« Comme dans tout plan de retour à l’équilibre, il y a eu des suppressions de postes, des réorganisations. Qui dit réorganisation dit complexité, note Stéphane Hazan, président de la Commission médicale d’établissement (CME), et à ce titre représentant des médecins. Le personnel non médical a été plus impacté que le personnel médical au niveau des restructurations. » Le médecin urgentiste observe que la nécessité de « travailler différemment » se traduit très concrètement.

« Des choses comme la distribution des repas étaient faites par les intendantes hôtelières, on a la suppression d’une partie, donne-t-il en exemple. Comme dans d’autres hôpitaux, leurs tâches doivent être faites par d’autres personnels, qui les voient se surajouter à leurs tâches existantes. On était dans un confort de travail qu’on n’a pas les moyens de se payer. »

Mais, selon nos informations, pour les agents non-médecins de cet hôpital de plus de 700 lits et places pour 138 millions d’euros de budget en 2016, la situation est actuellement particulièrement difficile. Les nouvelles propositions d’organisation ont bien été acceptées par la CFE-CGC dans les instances paritaires.

Mais elles ont été refusées tout net par la CGT et FO, syndicats majoritaires et d’ailleurs réunis en intersyndicale depuis plus d’un an. « FO estime que les suppressions de postes liées à ce maquettage (nom donné à la réorganisation, Ndlr) vont dégrader une situation déjà très tendue », s’indignait ainsi en septembre l’organisation syndicale dans un tract demandant notamment « l’arrêt des suppressions de postes ».

Le déficit annuel de l’hôpital s’établissait entre trois et quatre millions d’euros en 2015, et à environ six millions d’euros en 2014.
Le déficit annuel de l’hôpital s’établissait entre trois et quatre millions d’euros en 2015, et à environ six millions d’euros en 2014.

Une autre source, non d’économies mais peut-être de ressources, concerne le codage des actes permettant à l’hôpital d’être remboursé par la Sécurité sociale en fonction de son activité médicale. La direction a en effet lancé un appel d’offres visant à trouver un cabinet spécialisé dans l’examen des actes déjà codés afin d’y trouver de nouvelles recettes par une « optimisation » du codage.

« Ca ne coûte rien : la société qui sera choisie ne se paie (entre 7 et 10 % avec un plafond, Ndlr) que si elle récupère de l’argent, détaille Stéphane Hazan de ce futur contrat. Si la société ne gagne pas d’argent, c’est que nous avons bien travaillé, je suis assez confiant. […] Au pire, ça nous permettra d’améliorer nos méthodes. »

Une amélioration indéniable et sensible ces derniers mois concerne l’établissement et l’envoi des factures, bien plus rapide qu’auparavant lorsque le délai minimal était de plusieurs mois. Mais, dans au moins deux cas d’usagers rapportés à La Gazette, cela s’est traduit par des factures très supérieures à ce qu’il fallait en réalité payer, des actes médicaux inexistants ayant été facturés.

« Il faut que tous les usagers vérifient leur facture de l’hôpital pour vérifier que des actes ne sont pas facturés deux fois », enjoint le délégué FO Bernard Landais. Si, comme les autres intervenants contactés par La Gazette, il plaide l’erreur plutôt qu’une intention de l’institution, il l’impute à des agents « sous pression car il faut rendre des chiffres » et à « des délais extrêment courts ».

Les différentes mesures destinées à dépenser moins ou à gagner plus permettront-elles à l’hôpital de réduire à zéro son déficit ? Celui-ci s’établissait entre trois et quatre millions d’euros en 2015, et à environ six millions d’euros en 2014. « C’est un peu tôt, mais si on continue sur la lancée actuelle, on pourrait avoir une bonne surprise à la fin de l’année », espère le président de la CME.