Il n’est pas le premier à le faire, et ne sera sans doute pas le dernier. Dans un but d’économies budgétaires, mais aussi pour faire entrer plus de recettes en évitant de perdre des consultations, l’hôpital François Quesnay devrait faire payer ses places de stationnement aux visiteurs l’an prochain. Ceux-ci devront alors s’acquitter de tarifs allant de 30 centimes d’euro par quart d’heure jusqu’à un maximum de neuf euros la journée. Le parking restera gratuit la nuit.

Le centre hospitalier, en échange d’une concession de dix ans, demande l’ajout de 80 places de stationnement au parking n°3 (voir le plan), d’un garage fermé pour les véhicules des urgences, ainsi qu’un certain nombre d’autres investissements. Ils vont de la réfection de la signalisation au comblement des nids de poule, en passant par l’amélioration des escaliers métalliques aujourd’hui très glissants.

Les entreprises potentiellement intéressées ont jusqu’au 15 novembre pour envoyer leurs candidatures. Le concessionnaire devra ensuite gérer 801 places : les parkings n°3 et n°5b, où seul le personnel pourra se garer, ainsi que le n°5a, à l’entrée de l’établissement de santé. Comprenant 351 places, il restera donc, comme aujourd’hui, ouvert aux visiteurs en plus du personnel. Pour les agents hospitaliers, tout reste gratuit.

Par contre, à partir de l’ouverture prévue à la fin du premier semestre 2017, patients comme visiteurs devront s’acquitter, de 7 h à 21 h, de 30 centimes par quart d’heure la première heure, puis de 20 centimes par quart d’heure à partir de la deuxième heure, avec un plafonnement à neuf euros la journée. Des forfaits prépayés pourront également être achetés, soit de 20 heures à 10 euros, soit de 50 heures à 20 euros.

Le futur concessionnaire aura la gestion des parkings n°3, n°5a et n°5b (le seul ouvert aux visiteurs, Ndlr), soit 801 places. Les autres restent gérés par l’hôpital.
Le futur concessionnaire aura la gestion des parkings n°3, n°5a et n°5b (le seul ouvert aux visiteurs, Ndlr), soit 801 places. Les autres restent gérés par l’hôpital.

Les syndicats majoritaires de l’hôpital, FO et CGT, ont été les seuls à s’opposer à cette mesure en conseil de surveillance (les élus locaux présents ont voté pour, Ndlr). « Nous sommes totalement contre, indique ainsi Bernard Landais, délégué du personnel. Nous aurions pu le faire nous-mêmes avec assez peu d’investissement. Malheureusement, les finances sont dans un tel état que personne ne veut nous prêter pour ce genre d’opérations. »

Alors, s’il estime l’extension du parking satisfaisante car « l’hôpital est clairement en manque de place », il rejette l’idée de faire payer les patients. Et rappelle la précédente initiative en ce sens : en 2013, déjà, le conseil de surveillance avait voté un projet de parking payant. Prévoyant l’ajout de 150 places de stationnement, « pharaonique » pour le syndicaliste, il avait néanmoins été ensuite discrètement abandonné.

Chez les médecins, les avis sont « très partagés », rapporte le président de la Commission médicale d’établissement (CME), le docteur Stéphane Hazan. « Plein de gens nous disent qu’ils ne sont pas venus en consultation car ils ne pouvaient pas se garer, note-t-il de la situation actuelle. En début d’après-midi, c’est une horreur, il y a des voitures partout sur les pelouses. »

« Le but est aussi qu’un maximum de gens puissent venir à l’hôpital (pour lui apporter des recettes supplémentaires, Ndlr) », ajoute-t-il de ce projet de stationnement payant. « Le point négatif est que ça risque d’impacter un peu plus la population, analyse-t-il. Faire payer les gens qui vont à l’hôpital n’est jamais bien : pour des gens qui sont pauvres, quelques euros restent quelques euros. »

Commun en Bretagne, encore naissant en Île-de-France, le stationnement payant des parkings des hôpitaux n’est en général pas bien reçu par les patients et leurs visiteurs. Pour l’instant, en vallée de Seine, seul l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye fait payer le parking. Ce dernier reste gratuit à Poissy comme à Meulan-en-Yvelines.