Se connaître soi-même, pour mieux s’ouvrir au dialogue. Xavier Chavane, prêtre aux Mureaux, a dirigé la publication d’un livre qui vise à améliorer le dialogue entre chrétiens et musulmans. Je ne rougis pas de l’évangile * se présente comme un guide pour les « chrétiens déstabilisés » et « une ode à la fraternité ».

Tout commence en 2011, lors d’un synode à la paroisse des Mureaux. Lors de cette assemblée, réunie pour délibérer et prendre des décisions en matière de doctrine ou de discipline, les jeunes chrétiens font part d’une problématique bien particulière : « Comment favoriser le dialogue avec les musulmans ? Comment répondre à leurs interpellations ? »

Cinq jeunes adultes dont deux prêtres sont alors missionnés pour une enquête, visant à définir quelles étaient les incompréhensions des musulmans vis-à-vis du christianisme afin d’y apporter des réponses. Si le père Xavier Chavane est émerveillé par les similitudes entre les deux religions, il en loue également les différences : « Quand on est chrétien, on n’a pas peur de la différence, au contraire […] Nier la différence entre les hommes c’est nier le message du Christ ».

Les interpellations des musulmans les plus courantes portent sur trois différences essentielles : « Nos frères musulmans ne comprennent pas le principe de Trinité, à savoir le statut de Jésus par rapport à Dieu », donne-t-il en exemple, avant d’évoquer différentes approches concernant la mort, le jeûne ou encore la prière.

L’absence de « réponse chrétienne » à ces interpellations est un frein aux échanges « dans des cités populaires où la question de Dieu a toujours été présente », estime Xavier Chavane, citant sa paroisse : « il y a une culture de l’amour aux Mureaux qui facilite la fraternité et le dialogue inter-religieux ». Le livre revendique « la transmission de foi sans nécessairement faire de prosélytisme ».

Principalement destiné aux chrétiens, cet ouvrage n’a pas toujours fait l’unanimité : « Tout dépend du regard posé […] sur son contenu. Certains ne le trouvent pas assez fraternel car basé sur nos différences, d’autres le trouvent trop indulgent ». Lui n’a pas de doute : « il y a urgence à bâtir des choses ensemble ». Sa solution ? « Apprendre à se connaître, accepter nos différences et travailler ensemble. »

* Je ne rougis pas de l’évangile, sous la direction de Xavier Chavane et Louis-Pasteur Faye, éditions MamE.

Le curé de Limay a fait d’internet son « nouveau presbytère »

Grâce à Internet, il tient à investir ce « nouveau monde ouvert » pour plus  de relations.
Grâce à Internet, il tient à investir ce « nouveau monde ouvert » pour plus
de relations.

Il s’est fait connaître sur internet par la rédaction d’un blog, le Padreblog. Le père Pierre Amar, curé à la paroisse de Limay, a donc fort logiquement choisi le web comme thème de son livre* publié à la rentrée. Selon lui, c’est un espace qui « a changé la vie des prêtres », mais où « les catholiques sont sous-représentés, malgré une visibilité accrue ». Cet ouvrage ponctue deux années de réflexions et d’études à l’Institut Catholique de Paris, dans le cadre d’un Master en théologie, mais aussi « l’aboutissement de 10 ans de presbytère connecté ».

Pour le père Amar, internet est « un monde ouvert, pas un média », et les réseaux sociaux « de vraies paroisses numériques ». Si certains fidèles lui reprochent gentiment d’y passer beaucoup de temps, il s’en défend : « Internet est la nouvelle porte d’entrée du presbytère. Une porte facile d’accès où il est plus facile de parler, de se confier et d’échanger ». Le web lui permet aussi de casser les clichés et d’offrir une parole « franche, directe et réactive à l’actualité ».

* Internet, le nouveau presbytère, éditions Artège