Avec seulement 1,49 % de logements sociaux sur la commune, c’est peu dire si Guerville est loin des 25 % fixés par la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain (SRU). La conséquence ? Une amende annuelle non négligeable, et le retrait du droit de préemption au profit du préfet. Mais construire de nouveaux logements sociaux n’est pas toujours accepté par les habitants de ce village fait de petits hameaux.

En mairie, une course contre la montre est engagée depuis plus d’un an, suite au durcissement des sanctions prévues par la loi SRU. « En 2015, la ville a eu une amende de 72 000 euros, indique la maire Evelyne Placet (SE). Et si nous n’avons pas bouclé notre triennale de 51 nouveaux logements sociaux, nous serons entre 400 000 et 450 000 euros cette année. » Mais cette volonté de construire des logements collectifs n’est pas forcément bien reçue.

Au hameau de la Plagne, il y a deux semaines, plusieurs habitants ont ainsi pétitionné après avoir eu vent de deux programmes de construction de logements sociaux. « Douze logements sociaux sont prévus dans l’école de la Plagne qui doit être réhabilitée, et 26 autres sont prévus sur un autre terrain [du même hameau] », assurait Nadia Jorel, une habitante du quartier. Pas « contre les logements sociaux », elle s’inquiète d’une telle « concentration » dans ce hameau qui compte « environ 100 habitants ».

Deux pétitions ont circulé entre les habitants. Lors du conseil municipal du jeudi 13 octobre, les riverains les ont remises à la maire. Ils étaient venus en nombre, constituant un public d’une soixantaine de Guervillois. Jointe quelques jours après l’assemblée municipale, Evelyne Placet concède à ces habitants que « quelque soit le hameau, on ne peut pas le doubler avec des logements sociaux ».
Aujourd’hui, dans la commune, 21 logements sociaux en construction ont une origine municipale, assure l’édile : « Officiellement, il y a une propriété préemptée à Guerville centre (donc pas à la Plagne, Ndlr) où sont prévus huit logements et l’ancienne école de la Plagne a été vendue pour 13 logements sociaux ».

Concernant le projet de 26 autres logements sociaux à la Plagne, si elle ne nie pas son existence, Evelyne Placet affirme : « la commune [n’y] participe en rien, ni à l’achat, ni aux tractations ».

La maire assure même vouloir s’associer à l’une des pétitions des habitants qui s’oppose à la construction de trop de logements sociaux : « Je réclame depuis deux ans à ce que les petites communes ne soient pas soumises au taux de 25 % […] car c’est démesuré et je veux avant tout pouvoir accueillir les habitants correctement ». Elle propose soit d’en réduire le taux, soit d’en exonérer les communes franciliennes de moins de 3 500 habitants (comme c’est le cas en province, Ndlr).