Certaines installations ont beau être déjà vandalisées dans ce qui doit devenir le Parc du peuple de l’herbe au printemps prochain, clôturer serait un constat d’échec. Alors, les élus examinent actuellement des moyens technologiques d’éviter les dégradations au sein des 113 ha en bord de Seine sans fermer ce nouvel espace vert encore en chantier.

« Jamais cet espace naturel n’a été si malmené et dégradé (tags, incendies, vandalisme, barbecues sauvages…), s’insurgeait au printemps dernier Eddie Aït (PRG), ancien maire de Carrières-sous-Poissy maintenant conseiller municipal d’opposition. L’hypothèse de clôturer l’ensemble du parc trouve toute sa pertinence. Depuis plusieurs années, je réclame, avec d’autres, un aménagement de ce type. »

Ces dégradations touchent particulièrement le mobilier et les « Emergences », ces structures sur pilotis installées dans le parc. « La Maison des insectes résiste vraiment bien, mais l’Observatoire a été tagué, saccagé, les planches de bois arrachées. La population s’en est plainte à juste titre », confirme le maire de Carrières-sous-Poissy, Christophe Delrieu (DVD).

« Nous sommes partis sur un parc ouvert sur la ville […] avec une communion entre des éléments d’aménagement urbain et la nature telle qu’elle est et qu’elle existe. Ca, c’est la philosophie à laquelle on tient beaucoup, explique t-il. Ça suppose d’avoir le moins d’éléments humains, d’obstacles physiques a cette communion. »

« La Maison des insectes résiste vraiment bien, mais l’Observatoire a été tagué, saccagé, les planches de bois arrachées », regrette le maire Christophe Delrieu.
« La Maison des insectes résiste vraiment bien, mais l’Observatoire a été tagué, saccagé, les planches de bois arrachées », regrette le maire Christophe Delrieu.

Afin de pouvoir assurer la sécurité et le respect des installations une fois le parc ouvert, les élus se tournent actuellement vers des entreprises spécialisées. « La technologie, pour assurer la sécurité tout en effaçant les obstacles physiques importants habituellement liés à cette sécurité, existe peut-être », espère le premier magistrat carriérois, évoquant caméras et détecteurs de présence.

Il compte également s’appuyer sur la prévention : « Il faut faire comprendre à ces jeunes qui taguent et dégradent que respecter cet espace naturel qui profite à tous fait partie des élements du vivre ensemble les plus basiques. » Pour l’instant, donc, pas question d’installer une clôture : « Maintenant, si on n’arrive pas à faire respecter [ces aménagements], on arrivera à des solutions de fermeture. »

Le concept d’un parc toujours ouvert et ses « Emergences » ont séduit les magazines d’architecture et de paysagisme dans le monde entier. En pratique, la gestion du seul espace de ce type en Île-de-France semble un défi. Christophe Delrieu veut néanmoins espérer que ces dégradations disparaîtront une fois le parc ouvert.

« Mettre des panneaux de chantier autour de 113 ha est impossible, analyse-t-il. La situation est un peu bizarre, le parc est en chantier mais reste en accès libre. Ses espaces ne sont pas encore occupés par une présence humaine importante, ce qui génère une occupation un peu sauvage. »

Un chantier de 23 millions d’euros lancé en 2013

Lancé en 2013, le vaste chantier de création du Parc du peuple de l’herbe aménage 113 ha autrefois utilisés pour l’extraction de granulats et l’agriculture, et devenus au fil du temps zone naturelle. En bord de Seine, cet espace doit devenir un parc ouvert sur la ville, à vocation d’espace naturel et pédagogique. Plus de 23 000 arbres ont été plantés dans cet espace longeant la Seine.

Son inauguration était à l’origine prévue pour le printemps 2016, avant d’être repoussée d’un an. L’investissement est estimé à 23 millions d’euros, répartis entre Conseil départemental des Yvelines, communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), mairie de Carrières-sous-Poissy, Conseil régional et Agence de l’eau Seine Normandie.