Suite à notre dossier de la semaine dernière, consacré à la seconde phase du plan de retour à l’équilibre du centre hospitalier mantais, le directeur des hôpitaux de Mantes-la-Jolie et de Poissy-Saint-Germain-en-Laye a souhaité apporter quelques précisions. Michaël Galy espère un déficit inférieur à 1,8 million d’euros en 2016 pour un budget de 138 millions d’euros, et la fin des « efforts » demandés au personnel depuis maintenant deux ans.

« On reste sur une perspective de déficit (il était de six millions d’euros en 2014 et de trois à quatre millions d’euros en 2015, Ndlr), mais l’établissement tient bien ses charges et a depuis quelques mois une activité plutôt croissante, notamment dans des secteurs comme la cardiologie ou la pédiatrie (suite à des recrutements de médecins, Ndlr) », se satisfait-il de la situation financière. Il espère que les comptes seront positifs en 2017.

« Les derniers efforts sont un petit peu plus complexes à accomplir que les premiers, les marges étant plus importantes au départ qu’à la fin », reconnaît Michaël Galy, en réponse à des syndicats dont il « salue la responsabilité » mais qui dénoncent la dégradation des conditions de travail. Lui veut rassurer : « Si 2016 se termine proche de l’équilibre [budgétaire], on pourra considérer que le processus de réorganisation est terminé. »

Nous évoquions aussi, la semaine dernière, la facturation parfois erronée (à la hausse, Ndlr) reçue par certains patients après leur passage. Le directeur réaffirme l’absence de toute intention de la direction, plaidant l’erreur, qu’elle soit « humaine » ou relève d’une absence d’information fournie par les patients quant à leur couverture sociale. Il rappelle que l’hôpital doit traiter « environ 180 000 » factures chaque année, dont 40 % sont directement sont adressées aux mutuelles par le système du tiers payant.

Un accord bientôt trouvé sur les heures sup’

Depuis plus d’un an, les organisations syndicales, FO et CGT, dénoncent le non-paiement d’heures supplémentaires effectuées par le personnel de l’hôpital, qu’elles estiment aujourd’hui à 90 000. La négociation entamée à ce sujet depuis de nombreux mois serait, d’après le directeur Michaël Galy, sur le point d’aboutir. Une partie de ces heures supplémentaires pourrait alors être payée immédiatement.

« C’est un sujet très sensible à l’hôpital de Mantes car il n’a pas été suffisamment géré avec attention pendant trop longtemps, note Michaël Galy en rappelant les conclusions sévères d’un récent rapport de la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France. Le rétablissement des comptes permet aussi de proposer des accords avec les organisations syndicales. »

Au-delà de la capacité de l’hôpital à payer ses agents, la discussion portait sur le nombre d’heures. « Les agents n’étaient pas en moyenne tout à fait à 35 heures hebdomadaires, il manquait 15 ou 20 h annuellement, analyse-t-il. On a fait le recalcul des heures, ce qui diminue de 10 000 à 15 000 les heures en stock. »

L’accord bientôt conclu prévoit pour l’instant le paiement direct d’une partie de ces heures supplémentaires, pour environ 300 000 euros. Une autre portion devrait être laissée sur les compteurs d’heures supplémentaires des agents : « Lorsqu’ils ont un souci personnel et doivent quitter le service plus tôt, ils n’ont pas forcément envie de poser un jour de congé, et prennent un crédit d’heures. On propose entre 40 h et 50 h par agent.»

Enfin, le reste des heures supplémentaires serait comptabilisé sous forme de jours sur un Compte épargne temps (CET). « Ils pourront faire l’objet plus tard de prises en charges : soit payées en 2017, 2018 ou 2019, soit pour partir plus tôt à la retraite ou lors d’un départ de l’établissement », indique le directeur.

Mise à jour, 7 novembre 2016 : L’article a été mis à jour car le directeur du centre hospitalier a rectifié le chiffre donné initialement de « 300 000 à 400 000 » factures annuellement. Il nous a également transmis le taux de factures en tiers payant, désormais intégré ci-dessus.