« Notre ville serait sous tutelle si nous n’avions pas eu une gestion en bon père de famille ». Si le maire de la commune Karl Olive (LR) a introduit cette soirée d’échange en évoquant sa gestion et les travaux de réhabilitation entrepris et l’implantation de nouveaux commerçants à La Bruyère, très vite, les interrogations de ses administrés concernant la thématique sécuritaire ont ressurgi, pour finalement monopoliser les débats.

Une crispation qui débute lorsque Tony Canipelle, représentant de l’Opievoy (principal bailleur social du quartier, Ndlr), prend la parole. « Sollicité par M. le maire concernant une recrudescence des cambriolages, nous avons accéléré les travaux sur les interphones et les halls d’entrées, tout sera prêt pour septembre 2017 ». Colère dans la salle, « c’est pas pour demain ».

Jet de cailloux, nuisances sonores, molosses en liberté, consommation de cannabis, certains habitants du Clos d’Arcy assurent « être à bout de nerf ». Michel Simon, directeur de la maison de quartier tire la sonnette d’alarme : « Beaucoup de jeunes âgés de 18 à 25 ans sont décrochés du système et errent dehors ». Réponse du maire : « Nous sommes tous un peu responsables, il faut interpeller verbalement ces jeunes ». La voix d’une femme s’élève, interrogeant sur le rôle des forces de l’ordre.

Une majorité de résidents s’indigne « d’un mois de juillet pénible et houleux ». Le chef de la police municipale, Franck Maroné, évoque un dispositif de vidéo-surveillance qui va être étoffé de 25 caméras dont 3 supplémentaires dans le quartier. Il rappelle qu’« elles ne sont pas là pour arrêter les voyous mais plus pour les dissuader » et s’inquiète « d’une délinquance de mineurs et de jeunes majeurs en expansion ».

Karl Olive se retourne vers Tony Canipelle (Opievoy) : « On est en train de rater le carrefour de la mixité sociale », ajoutant : «  La préfecture concentre les mêmes populations en difficulté dans les mêmes quartiers et ça vous arrange ». Il ajoute que « les parents n’ont pas abandonné mais ne sont plus la référence ». L’édile dénonce « la désertion de la police nationale et un arsenal judiciaire trop faible » avant de confier en aparté : « on est la seule commune de France à faire de la politique dans les quartiers ».