Une réunion d’information sur l’accueil citoyen des réfugiés tibétains était organisée, lundi 14 novembre, à la maison de quartier du vieux Conflans. Une réunion qui a convaincu cinq familles de prendre en charge 15 à 17 personnes. Cependant, cette soirée a montré quelques dissensions, dans une salle pleine à craquer face à laquelle l’association la Pierre blanche a témoigné de ses difficultés.

« Il n’y avait aucune volonté de parasitage politique, juste d’informer de potentielles familles d’accueil » expliquent les organisateurs après la soirée, satisfaits de la mobilisation, moins des débats politiques qui ont agité le public. Le Collectif de soutien aux réfugiés sans abris tibétains (CSRT), proche de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) y était représenté, d’autres citoyens engagés auprès des Tibétains étaient également là… et chacun a donné de la voix.

« Il peut y avoir des frictions car la Pierre Blanche a des responsabilités et ne peut pas se permettre n’importe quoi » expliquent en aparté les organisateurs. « Certains ont leurs idées, mais ce n’est pas un conflit avec la mairie, c’est un engagement individuel », ajoutent-ils avant de conclure : « La Pierre blanche n’a plus tout à fait le contrôle et est en grande difficulté».

Mais des dissensions clairement visibles ont éclipsé ce soir-là les combats gagnés sur le terrain par la Pierre blanche. « C’est peut-être pas le lieu pour régler ses comptes », s’exclame une femme de l’association, répondant au CSRT qui fustige la faible mobilisation autour de la pétition contre la fermeture des bains-douches, virulente à l’égard du maire. « C’est une réunion d’information, pas une réunion politique », martèle le comité du vieux Conflans à plusieurs reprises lors de la soirée.

Emma Gatti, fondatrice d’une page Facebook pour l’accueil des Tibétains, propose que la salle communale, où se déroule la réunion, soit mise à disposition pour héberger certains réfugiés. « On ne peut pas ! Ça ne nous appartient pas » rétorque le comité de quartier. « Les Tibétains doivent être accompagnés pour toutes les démarches administratives », enjoint-elle ensuite aux potentielles familles d’accueil. « Ce n’est pas ce qu’on demande aux familles », lui est-il sèchement répondu.

Malgré cette cacophonie, de nombreux habitants se sont montrés intéressés par ce dispositif d’accueil et les questions s’enchaînent : « Si je ne peux les prendre que pendant un mois, que leur arrivera t-il après ? On les remettra à la rue ? ». Cinq familles, deux pour un accueil à plein temps et trois en dispositif relais ont ainsi été convaincues. Au total, entre 15 et 17 Tibétains ont trouvé un toit grâce à ce rassemblement. « Le quartier est composé d’une classe moyenne aisée », décrypte l’un des habitants et membre du collectif avant d’ajouter : « On se connaît tous ici et la plupart ont les moyens d’accueillir ».

Vers un aménagement du préau du Pointil ?

La réunion de quartier du lundi 14 novembre a permis d’en savoir plus sur les tractations en cours, ces dernières semaines, au sujet du sort des 50 réfugiés qui dorment dehors, tout juste abrités par le préau du Pointil. Dans quelques jours, la sous-préfecture pourrait ordonner l’aménagement du bas du bâtiment de Voie navigable de France (VNF) pour mettre à l’abri du froid ceux qui dorment dehors.

« Il ne s’agit pas uniquement de mettre des gens dans un endroit […] il faut trouver des prises en charge complètes ailleurs qu’à Conflans » explique Marie-Pierre Petit, directrice du site et salariée de l’association. Dans une récente interview publiée dans la presse locale, le préfet d’Île-de-France a déclaré « que le nombre de Tibétains accueillis à Bonnelles pourrait grossir ». Un nouveau rendez-vous est prévu cette semaine entre la Pierre blanche et la sous-préfecture des Yvelines.