Recemment, la commune avait convié plusieurs intervenants, dont Alexandre Saraiva, membre de l’association E-enfance, pour parler de harcèlement scolaire et sur internet (voir encadré). Mais les parents, accompagnés de leurs enfants, attendaient surtout des outils pour détecter le harcèlement scolaire ainsi qu’une plus forte implication de l’encadrement et des autorités.

« Si une situation de harcèlement se produit, il est du devoir de tous les témoins de prévenir la police. Le harcèlement est puni par la loi allant d’une amende à une peine de prison », rappelle Yves Groswald, délégué à la cohésion police et population au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine. Il souligne également « la présence au commissariat de Conflans d’un travailleur social chargé de ce domaine, vers lequel les parents peuvent se tourner. »

Fabienne, mère de famille, et ayant été harcelée dans son enfance, « en discute » avec son fils. Elle poursuit : « je ne sais pas s’il m’en parlerait si cela lui arrivait. La victime n’est parfois pas capable d’aller voir quelqu’un. » Présent à ses côtés, son fils, élève de sixième au collège Saint-Exupéry, a justement été témoin d’une agression : « J’ai vu trois élèves en frapper une autre. Mais je ne savais pas à qui m’adresser. »

Ce n’est pas la première fois. « J’ai connu deux cas assez graves où l’encadrement a fait semblant de ne rien voir, témoigne Laurence Alavi, dont la fille est aussi dans ce collège (et élue d’opposition pour Andrésy énergies renouvelées, Ndlr). Dans cette situation, on fait quoi, à part retirer son enfant de l’établissement ?». Murmures et regards dans le public, les parents connaissent visiblement les faits.

L’établissement fait cependant des efforts : en 2015, une classe de 4ème du collège Saint-Exupéry avait ainsi réalisé un court métrage pour lutter contre le harcèlement. Et des initiatives individuelles sont à mettre en avant pour cette mère de famille andrésienne dont la fille « a été harcelée » et « failli être déscolarisée » : selon elle, cela s’est bien terminé « grâce à l’action de la professeure principale. »

Mais les collégiens ne sont pas tous harcelés. « Il faut prendre en compte le fait que son enfant puisse être harceleur », confie Laurence Alavi à la fin de la réunion, reprochant à certains parents « de se voiler la face » . Elle déplore également le refus d’autres, qui préférent que leur progéniture ne se mêle pas de ces situations, demandant « à leurs enfants, témoins, de se taire ».

Réseaux sociaux : des parents habitués et vigilants

Une grande partie de cette conférence visait à « promouvoir un bon usage du numérique ». Alexandre Saraiva, membre de l’association E-enfance met l’accent sur la sécurité et les contenus partagés sur les réseaux sociaux. Lorsqu’il demande qui possède un smartphone ou un compte Facebook, la quasi-totalité de la salle lève la main.

Mais les parents semblent au fait de la protection de la vie privée sur ce réseau social, et montrent leur frustration car ils ne « s’attendaient pas à apprendre comment utiliser Facebook pendant 1 h 30 ». Eux auraient préféré en savoir plus sur les réseaux utilisés actuellement par les jeunes, comme Instagram et Snapchat.