Ils veulent faire appel aux entreprises locales pour le chantier et les services qui l’entourent. Dans le cadre de l’opération d’aménagement de la Zone d’aménagement concerté (Zac) Rouget de Lisle, l’aménageur Citallios vient de lancer un appel d’offres dont l’intitulé porte sur une « mission de conseil pour la valorisation des ressources locales dans le cadre de la réalisation de la Zac ».

Le cahier des charges de Citallios pour sa recherche d’une société de conseil rappelle que « le code des marchés publics interdit le principe d’une préférence locale » et précise que « la démarche ne doit pas conduire à dévoyer ce principe dans les marchés publics lancés par l’aménageur ». Vincent Marie, chef de projet de Citallios, l’assure : « il est hors de question de déroger au code des marchés publics », mais précise que ce dernier « est une boite à outil ». « La démarche est de travailler avec un bureau d’étude pour voir comment les investissements qui vont être réalisés dans le cadre de cette opération vont pouvoir profiter le plus possible au territoire local », explique-t-il.

Rappelant que le projet Rouget de Lisle « va générer environ 90 millions d’euros d’investissement » pour la partie gérée par l’aménageur, et que les promoteurs aussi vont investir, Vincent Marie indique que « l’idée est que ces investissements bénéficient le plus possible au PIB local ».

Pour recruter des entreprises locales, l’aménageur public réfléchit à utiliser, par exemple, des critères environnementaux : « Une entreprise qui va aller dans le sens de limiter les déplacements de poids lourds […] sera favorisée de ce point de vue là ». L’idée d’intégrer des éléments sur les clauses d’insertion qui permettraient « de mobiliser la main d’œuvre locale » est évoquée également.

Cette démarche est jugée « expérimentale » par le chef de projet et vise aussi à « ne pas aller à l’autre bout du monde pour trouver les solutions qui peuvent exister à côté de chez nous ». L’objectif est donc de mobiliser des entreprises locales, à l’échelle de la commune de Poissy, de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), du département « ou plus largement de la région, parce que l’on sait bien que nous n’allons pas trouver tous les acteurs forcément au plus près », reconnaît Vincent Marie.

Pour Stéphane Windsor, président du Groupement interprofessionnel de la région (GIR) vallée de Seine, « faire travailler l’économie locale a un certain sens ». Et d’ajouter : « Je ne vois jamais vraiment l’intérêt d’aller chercher des entreprises à plusieurs centains de kilomètres pour les faire travailler sur notre territoire quand on a les compétences ». Si faire travailler des entreprises locales permettrait « d’avoir une meilleure qualité de service », d’après Stéphane Windsor, ce dernier estime qu’elles doivent aussi se montrer « relativement compétitives » car « le critère économique reste important ». « Nous essayons d’explorer tout le champ des possibles mais nous avons déjà imaginé des pistes concrètes », confie Vincent Marie des types d’entreprises locales auxquelles Citallios pourrait faire appel.

Pour la réalisation du parc prévu au cœur de la Zac, des aménageurs paysagers ou des pépiniéristes locaux pourraient par exemple être mobilisés. Est aussi évoquée la possibilité de commercialiser les logements du quartier Rouget de Lisle, en lien avec les agences immobilières locales.