Les premiers logements de la Zone d’aménagement concerté (Zac) Rouget de Lisle vont commencer à sortir de terre. Le permis de construire du premier programme immobilier de ce projet a été délivré en octobre (voir encadré), et « si tout se passe bien et qu’il n’y a pas de recours, les travaux devraient commencer au deuxième trimestre 2017 », prévoit Sandrine Dos Santos (LR), première adjointe déléguée à l’urbanisme à Poissy. Ce nouveau quartier prévoit au total la construction de 2 000 nouveaux logements d’ici 20 ans.

Cette Zac de 10,8 hectares va transformer la vaste friche industrielle du Nord de la commune, de la rue des Prés à l’avenue de Pontoise, en un nouveau quartier. « Aujourd’hui, nous avons une zone d’activité en déperdition […], et on veut en faire l’un des quartiers emblématiques de la ville », confie Sandrine Dos Santos. Un quartier Rouget de Lisle dont la première adjointe estime qu’il s’agira « d’une couture parfaite » pour cette partie de la ville, et permettra de relier Saint-Exupéry, « qui est un peu isolé », au centre-ville.

Le projet s’inscrit dans la durée puisque si les premiers logements vont commencer à voir le jour au début de l’année prochaine, la construction des programmes immobiliers suivants se fera au rythme des acquisitions foncières. « Entre 25 et 30 % des fonciers privés sont maîtrisés », d’après Vincent Marie, chef de projet à Citallios, l’aménageur public de la Zac. « Aujourd’hui deux grandes étapes sont prévues, avec la rue du Piquenard qui coupe l’opération en deux parties », explique Vincent Marie.

Le chantier transformera l’actuelle friche industrielle (photo).
Le chantier transformera l’actuelle friche industrielle (photo).

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La première phase concernera le secteur situé entre la rue des Près et la rue du Piquenard. Et le deuxième secteur ira de cette dernière à l’avenue de Pontoise, car il « est en partie occupé par la SNCF pour le prolongement du RER E ». Le quartier devrait donc définitivement être terminé « dans 20 ans si tout se passe bien », annonce Sandrine Dos Santos.

Avec plus de 2 000 logements prévus à terme, il s’agit du « plus gros projet que nous avons aujourd’hui en cours », confirme la première adjointe. Parmi ces nouveaux logements, 25 % seront sociaux et « 11 % des logements libres seront à prix maîtrisés […] pour permettre au primo-accédant d’acheter pour la première fois ». La hauteur des bâtiments « pourra monter à R+7 maximum », explique la première adjointe pisciacaise. En face des maisons déjà existantes, sont prévues des « petites hauteurs […] pour permettre de faire une couture », et la hauteur « sera plus importante du côté du boulevard de l’Europe ».

En plus des logements, le quartier Rouget de Lisle comprendra 6 100 m² de locaux d’activité, et 4 600 m² de commerces et de services. « C’est un grand quartier, note Sandrine Dos Santos. Deux mille logements, ça demande des infrastructures et des équipements qui soient suffisants pour accueillir la demande. »

Un nouveau groupe scolaire verra ainsi le jour. Si un premier chiffre de 16 classes avait été jusque-là évoqué, la commune « envisage même d’augmenter le nombre de classes », confie Sandrine Dos Santos : « Les études ont montré que 18 classes, ce pourrait être intéressant ». Si cela reste une « piste », l’éventualité de faire deux groupes scolaires, « qui mutualiseraient leurs services », est évoquée. Une crèche « portée par le privé » est également dans les cartons, pour laquelle il est envisagé, d’après les chiffres actuels, « de privilégier 30 à 40 berceaux », précise l’adjointe à l’urbanisme.

Si le quartier Rouget de Lisle disposait initialement du label éco-quartier, celui-ci a été retiré car il « imposait des contraintes qui étaient vraiment bloquantes », d’après Sandrine Dos Santos, qui assure que la municipalité est cependant toujours « dans l’idée d’avoir un quartier respectueux de l’environnement ». Pour cela, la première adjointe cite notamment « le grand parc de plus d’1,5 hectare, avec une voie douce qui va privilégier le vélo et la marche pour se rendre vers le quartier de la gare ». D’autres pistes sont également en réflexion et concernent, par exemple, la collecte des ordures ménagères : « On regarde différents systèmes pour éviter que les camions ne soient obligés de passer [dans le quartier] ».

Le bilan d’aménagement de cette opération est de « 90 millions d’euros de dépense globale » pour Citallios, confie Vincent Marie. Un montant que le chef de projet à Citallios explique être « équilibré par les recettes issues de la construction des programmes de logements ». Dans le cadre de ce projet, l’aménageur public réfléchit également à une méthode pour faire appel aux entreprises locales.

Dans ce coût global, une partie de 11 millions d’euros dédiée à la dépollution du site était chiffrée en 2014. Vincent Marie ne confirme cependant pas que ce chiffre est toujours d’actualité, mais indique qu’il s’agissait « de fourchettes données par des études préalables ». Cette pollution est due à l’histoire industrielle du site : « Le sol est marqué par la présence de métaux et d’hydrocarbures », indique le chef de projet. Des études et des sondages sont actuellement en cours et viendront « consolider ce coût et donc la méthode à mettre en place pour effectuer la reconversion des terrains et les rendre propres à un usage d’habitation ».

Chantier de 450 logements en 2017

Porté par Sogeprom, le premier programme de logements de la Zac Rouget de Lisle commencera à voir le jour en 2017. Le permis de construire a été délivré au mois d’octobre. « Si tout se passe bien et qu’il n’y a pas de recours », les travaux devraient débuter « au deuxième trimestre 2017 », indique Sandrine Dos Santos (LR), première adjointe déléguée à l’urbanisme.

Des travaux qui sont prévus pour durer 24 mois et permettront à plus de 450 logements de sortir de terre. « Il y aura une résidence jeunes actifs de 147 logements, 60 logements sociaux, 160 logements en accession, et 96 autres logements en accession qui ne sont pas encore commercialisés », détaille Sandrine Dos Santos.