Ne leur parlez pas d’embellie, ils préfèrent rester prudents. Malgré quatre matchs sans défaites, les dirigeants et le staff pisciacais ont abandonné l’idée d’une montée en Nationale cette saison. Du fait d’une intersaison mouvementée, l’objectif est maintenant de structurer un club qui innove par ses actions sur comme en dehors des terrains.

« Sur nos huit premiers matchs, tout le monde a parlé de catastrophe ». Cette phrase lâchée par Kader Chehida, co-entraîneur de l’AS Poissy, symbolise un début d’exercice 2016/2017 sous haute tension. Après s’être mêlés à la course à la montée en Nationale toute la saison dernière, les bleu et jaune patinent entre août et mi-octobre avec aucune victoire, quatre défaites et autant de nuls.

Il faut dire que le club a connu une vraie révolution à l’intersaison. Le départ tardif du coach Nordine Kourichi, des changements dans l’organigramme, une masse salariale revue à la baisse et la perte de joueurs majeurs comme Mamilonne ou Diarrassouba. « On sortait de deux années pleines de réussite » rappelle le président Bruno Souillet. Le départ au PSG de l’ex « super adjoint » Guillaume Serra, qui avait une vraie emprise sur le groupe n’y est pas non plus étranger.

Des erreurs individuelles contre l’Entente SSG, une égalisation à la dernière minute face à Viry Chatillon, 16 absents contre Lens et une déroute face à Arras, le leitmotiv du staff de faire de « Léo Lagrange, une forteresse imprenable » est vite galvaudé. « Je leur ai dit que je pensais avoir des chevaliers capables de mettre de la folie, d’être un rouleau compresseur » raconte Chéhida qui a imposé au début « une philosophie basée sur le jeu avant de revenir à des choses plus simples ».

L’AS Poissy a dû attendre le 29 octobre pour connaître sa première victoire cette saison. Depuis, les Pisciacais sont invaincus et n’ont pas encaissé de buts. « On sera en CFA la saison prochaine, j’en suis sûr » déclare Bruno Souillet pour qui les regards sont trop focalisés « sur les résultats de l’équipe première ». En trois ans, 900 000 euros ont été levés, une nouvelle section féminine créée accueillant 130 joueuses, un nombre de licenciés en croissance avec le retour de l’équipe vétéran et un rôle social assumé (sponsor maillot dédié à une œuvre caritative, Ndlr), le président est formel : « L’ASP se structure, grâce à un travail de l’ombre, un boulot de tous les jours.»

L’interview de Kourichi pas complètement digérée

La veille de la première victoire pisciacaise cette saison, contre l’AC Boulogne Billancourt, Nordine Kourichi livrait une interview assassine dans Le Parisien. L’ex-entraîneur qui avait participé à la lutte pour la montée en National s’en était pris à Kader Chehida, qualifiant son attitude de « petite et pas correcte », ainsi qu’au nouveau directeur sportif Philippe Gros « qui sous-entendait que je ne pensais qu’à l’argent ».

Selon nos informations, l’ex-international algérien serait parti avec un chèque proche des 50 000 euros après avoir refusé le poste de manager général. Au club, les discours diffèrent. Certains cadres du vestiaire avouent « avoir eu quelques incompréhensions avec Kourichi ». Le président Bruno Souillet, lui, fustige sa méthode : « les entraînements étaient incomplets, il faisait tout le temps jouer les mêmes, ils étaient cuits » . De son côté Kader Chehida est plus mesuré : « Chacun pense ce qu’il veut, Nordine a fait une super saison, on a tous appris à ses côtés ».