« Tshoin », « escorte », « folasse », « keh »,… en argot urbain, tous plus différents les uns que les autres, les mots pour évoquer le trafic de charmes se multiplient. Mais en ce moment, le mot sur toutes les lèvres est « micheto », femme qui pratique le michetonnage. Cette semaine, le Journal Local de LFM l’évoquait : mais que désigne cette pratique en pleine expansion ?

Le terme de michetonnage est en réalité loin d’être récent. Il existe même depuis très longtemps. En 1971, déjà, l’écrivain Albert Simonin en faisait mention. Et, plus récemment, le terme avait défrayé la chronique en 2014 dans « l’affaire Ribéry ». « Michto » viendrait du roumain misto, bien ou jolie. Une étymologie assez controversée puisque l’on date les premières apparitions du mot après la seconde Guerre mondiale, anachronisant ainsi l’arrivée massive du roumain dans l’argot français que l’on date aux années 90, avec la chute des régimes communistes.

Michetonner, donc, serait l’action de troquer occasionnellement ses charmes, parfois contre des biens matériels de luxe comme des sacs, des chaussures… Mais une « micheto » serait aussi une opportuniste, une femme intéressée. Si la nuance est assez difficile à saisir, elle est pourtant majeure, une femme intéressée n’étant pas forcément une prostituée. C’est cette nuance qui a posé de nombreux problèmes dans « l’affaire Ribéry ». Peut-on légalement qualifier ce phénomène de prostitution si l’une des deux parties n’a pas conscience d’avoir des relations tarifées ?
Quant aux motivations, elles restent assez floues. Hélène David, directrice adjointe de l’association Charonne, qui participe depuis 1972 à des actions sociales et médico-sociales à Paris, expliquait au micro de LFM que « certaines le vivent comme une voie pour être une femme d’entreprise ». Une hypothèse assez réductrice : si les origines de la prostitution sont en général variables, les origines d’une catégorie de prostitution le sont encore plus. Il est difficile de schématiser les motivations de ces « michetonneuses », alors que l’on peine déjà à en définir le terme.

Côté masculin, le fait d’échanger ses charmes contre des biens matériels semble être complètement passé sous le radar de la langue française. En effet, s’il y a des dizaines de termes pour évoquer la prostitution féminine, chez les hommes, le phénomène du michetonnage n’a pas de terme propre. Pourtant, il va sans dire que ce genre de manifestations n’est pas propre à la gente féminine.