Une réunion de restitution s’est tenue mardi 6 décembre à la salle municipale de Limay dans le cadre du projet d’extension du port. L’équipe d’Haropa a présenté ses engagements, notamment sur la valeur des biens immobiliers. Elle n’a pas convaincu les riverains, qui assurent qu’ils déposeront des recours en justice, ni les élus (voir encadré).

Pour les riverains, en particulier ceux du boulevard Pasteur comme Youssef Handa, « Haropa a ruiné nos chances de vendre à des particuliers. » Les montants des indemnisations proposées ne satisfont pas non plus : « Une agence immobilière estime ma maison à 280 000 euros, alors qu’Haropa m’en propose 207 000 euros. »

Selon les propriétaires, cette somme ne prend pas en compte « le préjudice » subi. Et les encourage à recourir à des procédures d’expropriations « une fois la notion d’utilité publique obtenue. Comme cela, le prix sera fixé par le juge des expropriations, en prenant en compte ce préjudice », souligne Youssef Handa. Lui est partisan des recours individuels, « pour avoir plus de poids ».

Face à ces revendications, Kris Danaradjou, directeur adjoint à l’aménagement de Haropa-Ports de Paris rétorque « qu’il s’agit d’une transaction que nous vous proposons, pas d’une estimation. C’est une procédure à l’amiable ». Il ajoute : « L’entente a été prouvée puisque certains nous ont vendu leurs biens. Les prix sont basés sur ceux du marché. »
Pourtant, c’est bien la méthode utilisée qui pose problème aux propriétaires. « Le prix a été estimé sur la surface cadastrée et pas la surface réelle », revèle Stéphane Franceschi, habitant de la rue des Coutures. De quoi mettre les propriétaires « à poil », comme le note l’inscription sur leurs t-shirts qu’ils dévoileront en fin de réunion.

L’extension de la zone portuaire se ferait vers l’Ouest sur cinq hectares et au Nord sur 27 hectares, soit jusqu’au boulevard Pasteur. Ce boulevard sera ensuite relié à la route départementale 146 et créera une nouvelle entrée de ville grâce à la création d’un pôle de services. « Ce projet répond aux besoins, souligne Régine Bréhier, directrice générale d’Haropa-Ports de Paris. Actuellement, 96 % des surfaces commerciales sont occupées. »

Les élus haussent le ton

Les élus présents n’ont pas manqué de mettre en garde Ports de Paris par rapport aux indemnisations. Eric Roulot, maire de Limay (PCF), a ainsi demandé « la mise en place d’un fonds de garantie pour compenser les dévaluations des prix des biens immobiliers ». Pierre-Yves Challande, conseiller municipal limayen d’opposition du groupe Agir pour Limay, a qualifié les cadres d’Haropa de « technocrates », ajoutant : « Vous ne faites que des promesses vagues à ces riverains. »

Paul Le Bihan, maire de Porcheville (SE), s’est également exprimé, pour la première fois, lors de cette réunion publique. Il aimerait savoir « où en est la discussion » avec les propriétaires habitant « à droite » du boulevard Pasteur, moins concernés et souhaitant vendre et dont le cas avait été évoqué « lors d’une réunion en sous-préfecture ». Et de rappeler que « jusqu’en 2014 il y avait des permis de construire dans cette zone ».