Sur les branches Poissy et Cergy de la ligne la plus fréquentée d’Europe avec ses 1,2 million de voyageurs par jour, les usagers comme leurs élus sont plus exaspérés que jamais. Alors que les retards et annulations continuent de se produire comme une habitude un peu trop commune, ils veulent croire en une amélioration.

Celle-ci a été promise par la RATP et la SNCF, ses gestionnaires, avec une refonte des horaires fin 2017 et de nouvelles rames RER. La réorganisation prévoit moins de passages de trains en heure de pointe, ces derniers pouvant théoriquement chacun transporter plus de voyageurs.

« Des soucis, il y en a régulièrement, parfois on passe au travers, parfois dedans, et on ne sait jamais trop combien de temps ça va durer, parfois une heure, parfois cinq, témoigne Thierry Robin, un Achérois qui prend quotidiennement le RER A. La ligne est de plus en plus utilisée, alors plus il y a de monde, plus il y a de chance qu’il y ait un souci. »

Il s’était fait connaître en tant qu’usager par un article du Parisien reprenant, en 2014, ses notes quotidiennes sur les retards des RER. « Il y a des phases où ça s’améliore et des périodes où ça va moins bien », note-t-il, assez fataliste. Il estime qu’actuellement, « ça va plutôt moins bien ».

Du côté des élus, les constats sont sensiblement identiques, avec en plus la désagréable sensation de n’être pas écoutés par SNCF comme RATP. En novembre, le maire d’Achères Marc Honoré (DVD) s’était ainsi violemment emporté dans un courrier à la présidente du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif), Valérie Pécresse, de la situation actuelle, « ni tenable, ni acceptable ».

Il déplore également la refonte des horaires aboutissant à moins de trains en heure de pointe afin de garantir la « robustesse » des horaires de ceux qui restent, plus souvent omnibus. « Il s’agit donc de dégrader volontairement la durée du temps de trajet afin de la faire mieux correspondre à la réalité déjà observée dans les faits », notait-t-il, peu satisfait.

A Poissy, le maire Karl Olive (LR), qui avait également pris la plume il y a quelques semaines, indique être sans réponse pour l’instant : « Dans cette situation, on ne peut qu’être du côté des usagers, c’est lamentable. » Il attend de pied ferme les nouveaux horaires et les nouveaux RER. « Ca ne résoudra pas tout mais ça permettra d’améliorer certaines choses », veut-il espérer.