« Aujourd’hui, mon appartement est devenu inhabitable et personne n’est venu nous aider. » Pour Nadia Mohammad, propriétaire d’un logement au pied de la tour Neptune, dans le quartier du Val Fourré, l’année a très mal commencé. Deux fois à une semaine d’intervalle, les eaux usées des habitants des 17 étages de la tour Neptune se sont déversées dans son appartement où elle vit avec ses parents, ses soeurs et son frère.

Depuis samedi, ils ont dû trouver des solutions temporaires pour ne pas dormir dehors. Alors, la jeune femme de 24 ans a lancé un appel à l’aide sur Facebook et une collecte en ligne sur le service Leetchi, nommée « Aidez une famille suite à une inondation », afin de pouvoir gérer la situation. Elle estime que l’inaction de son syndic de copropriété en est pour partie responsable.

Mardi 3 janvier au soir, baignoire et toilettes de l’appartement se remplissent petit à petit, puis débordent carrément d’un liquide nauséabond : « C’étaient des eaux usées. » Celles-ci envahissent son logement comme le hall d’entrée de l’immeuble. A minuit, elle appelle les pompiers, qui viennent mais ne peuvent rien faire. Le lendemain matin, elle appelle le syndic qui envoie un plombier, puis une entreprise de nettoyage.

Cette dernière se contente de nettoyer les parties communes, contrairement à la demande du syndic. La famille de sept personnes est alors relogée à l’hôtel par son assurance, pour dix jours maximum alors que l’expert ne doit passer que le 30 janvier. Repassant prendre des affaires le mardi suivant, elle constate une nouvelle inondation, là encore d’eaux usées et encore plus importante.

Une autre entreprise, plus spécialisée, parvient à résorber l’engorgement pour l’instant. Mais la coupe est pleine pour la famille, alors que l’hébergement payé par son assureur se termine samedi midi (désormais, elle doit avancer tous les frais, Ndlr). Dans l’appartement souillé, au sol retiré, « les odeurs sont insoutenables » malgré un nettoyage du syndic et une « décontamination »
de son assureur. De gros travaux sont à prévoir.

Elle demande à Foncia, le syndic, un relogement et un dédommagement. « Cet immeuble a véritablement joué de malchance, il y a en réalité deux sinistres, répond Stéphane Pecqueur, directeur général de Foncia boucles de Seine. A aucun moment, le premier sinistre n’a été pris à la légère. C’est évidemment terrible, on comprend le traumatisme vécu dans un tel cas. » En ce qui concerne tout hébergement ou dédommagement, il renvoie à l’assurance de la famille, légalement responsable.

« C’est plutôt aux assureurs de réagir rapidement », indique de son côté un représentant des copropriétaires de l’immeuble. Il note la mauvaise image des syndics auprès des habitants, le précédent ayant été soupçonné de malversations. Néanmoins, il reproche à Foncia de ne pas avoir pris la pleine mesure des sinistres et des nettoyages nécessaires : « Est-ce que le syndic s’est déplacé sur site pour constater ? Je pose la question et n’ai pas eu de réponse. »