Dans le village de Guernes, une association de airsoft vient récemment de voir le jour : R-soft 78. Cette discipline, qui compte de nombreux adhérents répartis dans différentes équipes sur l’ensemble de la vallée de Seine, permet pour certains adeptes de jeux vidéo, une pratique grandeur nature du tir. Au-delà du jeu, cette nouvelle association guernoise tient à avoir une pratique responsable de l’airsoft (voir encadré).

« Dans le airsoft, le mot arme n’existe pas. On parle de répliques », tient à préciser d’emblée Stéphane Lhermitte, président de R-soft 78, pour dédiaboliser l’image parfois négative dont peut pâtir l’activité. Comme pour éliminer les a priori, le vice-président de l’association, Morgan Ollivaud, rappelle également qu’il s’agit d’ « un sport mixte » : « derrière les protections, il n’y a pas de différence entre hommes et femmes. La douleur est la même », sourit-il.

« Avec de la récupération, on a fait un bouclier, une bombe avec un minuteur de cocotte-minute. »
« Avec de la récupération, on a fait un bouclier, une bombe avec un minuteur de cocotte-minute. »

Avant de créer leur propre association, les membres de R-soft 78 se rendaient dans l’Oise pour leurs parties d’airsoft, où ils avaient trouvé d’autres joueurs à l’état d’esprit proche du leur. « On a des échos d’associations où c’est limite militaire, confie Stéphane Lhermitte. Là, les gens ne se prennent pas la tête et il y a une bonne ambiance. ».

Mais les 85 kilomètres les séparant du terrain de jeu oisien les ont poussé à monter leur propre association à Guernes, où ils espèrent trouver un terrain dans les prochaines semaines. « L’objectif est aussi d’apporter une nouvelle activité à Guernes, précise le vice-président. Ça a aussi un but éducatif car beaucoup de jeunes se promènent avec des répliques. Le but de l’association est de former et d’informer sur la pratique, les risques si on ne respecte pas les règles. »

Dans une partie d’airsoft, les joueurs ou joueuses, équipés de répliques d’armes tirant des billes et de vêtements proches de ceux de militaires, doivent évoluer dans l’air de jeu tout en éliminant leurs adversaires afin de remplir les objectifs du scénario. « Le principe universel du jeu, c’est de la tactique pour ne pas se faire toucher, indique Morgan Ollivaud. On y va, on se cache, on essaye de pister les autres. »

«C'est de la tactique pour ne pas se faire toucher », indique le vice-président de R-soft 78.
«C’est de la tactique pour ne pas se faire toucher », indique le vice-président de R-soft 78.

Une fois touché, le joueur doit se signaler hors-jeu en brandissant un foulard rouge et écope d’une pénalité de temps avant de reprendre la partie. « Tout est basé sur le fair-play », explique le vice-président. Complété par Stéphane Lhermitte : « On joue pour s’amuser, […] ce n’est pas de la compétition. »

« Il faut aussi pas mal d’imagination, souligne Morgan Ollivaud, à propos de la création de plusieurs accessoires pour agrémenter les scénarios. Avec de la récupération, on a fait un bouclier, une bombe avec un minuteur de cocotte-minute, … » Ces scénarios sont d’ailleurs fortement inspirés des différents jeux vidéos de tir connus, tels que la capture de drapeau, le désamorçage de bombe ou encore la protection d’otages.

D’après le vice-président de R-soft 78, c’est cette passion commune originelle pour les jeux vidéos qui les a rassemblé autour de l’airsoft au fil du temps. « On est passé de l’ado qui joue aux jeux vidéo au jeu grandeur nature, précise Morgan Ollivaud. C’est un jeu de rôle. »

Une pratique responsable de l’airsoft

L’association d’airsoft R-soft 78 marque clairement son intention d’être en accord avec ces règles, légales ou qu’elle s’impose. Par exemple, la vente de répliques d’armes à feu, au-delà d’une certaine puissance, étant interdite aux mineurs, l’âge de la majorité sera obligatoire pour rejoindre l’association.

Et les membres de R-soft 78, comme leur blog, rappellent avec insistance l’obligation de transporter les répliques dans des sacoches, « désarmées et chargeurs enlevés », précise Stéphane Lhermitte, le président de l’association. Autre aspect important, le respect du terrain de jeu où les parties se déroulent.

A Guernes, il s’agira essentiellement de forêt donc l’association a déjà prévu de « calquer [son] calendrier sur celui des chasseurs de Guernes […] », indique Stéphane Lhermitte. Et d’ajouter : « On est en forêt donc on a beaucoup de respect écologique. Les billes seront le seul impact qu’on laisse sur le terrain ». Et même pour ces dernières, Morgan Ollivaud, le vice-président, précise que « des billes biodégradables » sont imposées.