Le cinéma communal est voisin de l’hôtel de ville depuis 1926. Pourtant, depuis quelques années, la vétusté du Cinéville, sa non-conformité aux normes d’accessibilité et le coût des travaux, remettent en cause son existence. La mairie propriétaire du bâtiment, et l’association éponyme chargée de sa gestion, dont le bail se termine le 30 juin prochain, réfléchissent à son avenir.

« Ces travaux sont une nécessité, note Claude Forest, directeur du Cinéville depuis 2004. Une rénovation permet d’apporter des spectateurs supplémentaires, c’est notre souhait. Nous sommes dans une période d’incertitude. » Lui estime que « la mairie n’a pas senti l’urgence » de la situation, et regrette : «  Pour le moment, aucune alternative n’est proposée. »

Il y a deux ans, il a soumis à la mairie l’idée « de réaliser une ouverture par le bas », rue Maurice Berteaux. Elle commande alors une étude de faisabilité. Premier revers : le coût des travaux est estimé autour de trois millions d’euros. « La Ville ne peut pas prendre en charge la totalité des travaux », estime le maire Laurent Brosse (LR).

Des demandes de subventions ont été faites auprès du Centre national du cinéma et de l’image animée mais elles sont « insuffisantes », juge l’édile. Problème : « Plus le temps passe, plus les coûts augmentent », note le directeur du Cinéville. La mairie avait lancé un appel pour vendre le bâtiment en tant que cinéma en juillet dernier, sans succès pour le moment.

« Quand on met face à face le montant des investissements et le nombre d’entrées, cela peut décourager », confie Laurent Brosse. Il devrait décider de son avenir d’ici fin 2017 et assure vouloir poursuivre une présence cinématographique en centre-ville.

Le Cinéville enregistre pourtant, de 2015 à 2016, une hausse de 21 % de ses spectateurs, soit entre 25 000 et 30 000 entrées par an… mais ne représentant que la moitié des entrées nécessaires à son équilibre financier. Pourtant, « il y a un certain attachement des Conflanais pour le lieu », fait remarquer Claude Forest.

Les Conflanais se sont d’ailleurs déjà mobilisés pour le cinéma municipal. En 2001, l’endroit avait fermé suite à l’ouverture du Pathé, zone des Boutries. « Une pétition avait été lancée pour le maintien du Cinéville », se souvient Claude Forest. La salle avait réouvert en 2004, avec le label Art et essai.

« Je ne me suis jamais battu contre le Pathé, nous sommes même complémentaires en termes de programmation », relève le directeur. Cependant, il déplore des positions qu’il estime « contradictoires », de la part de la mairie, comme son récent soutien à la création d’une salle Imax au Pathé (lire dans notre édition du 18 janvier 2017).