Début 2016, les premières stations du service de covoiturage Covoit’ici ont commencé à voir le jour en vallée de Seine. Encore en phase d’expérimentation, cinq stations ont été mises en service courant 2016 aux Mureaux, Hardricourt, Oinville-sur-Montcient et Vaux-sur-Seine. Deux nouvelles bornes ont également été inaugurées à Bouafle et à Verneuil-sur-Seine la semaine dernière. Au total, un million d’euros vont être investis sur trois ans.

Un an après le lancement de ce service public-privé innovant, 1 345 personnes, passagers et conducteurs, se sont inscrites dans les Yvelines et dans le Val d’Oise (où des bornes Covoit’ici ont aussi été installées, Ndlr), pour 297 trajets en covoiturage effectués dans les Yvelines. Les stations, elles, semblent pour l’instant bien souvent vides, confirmant ces chiffres de fréquentation relativement faibles.

« Il faut clairement qu’on accroisse le nombre d’usagers, c’est l’objectif, concède Thomas Matagne, co-fondateur d’Ecov, la start-up créatrice de Covoit’ici, dont l’expérimentation doit encore durer un à deux ans. En revanche, pour nous, c’est un très gros succès : faire 300 covoiturages dans des zones péri-urbaines et rurales, à notre connaissance, il n’y a pas d’autres systèmes qui ont permis de le faire. »

Il dresse donc « un bilan positif en terme d’innovation », tout en estimant ne pas pouvoir « tirer de conclusions opérationnelles globales car le réseau est loin d’être complètement déployé ». Dans les Yvelines, 15 stations doivent selon lui être mises en service pour « un réseau vraiment cohérent ». L’installation de la totalité des bornes yvelinoises doit intervenir « d’ici la fin du premier trimestre 2017 », espère Thomas Matagne.

Pour augmenter le nombre d’usagers de Covoit’ici, le co-fondateur d’Ecov, qui reconnaît avoir « entendu des critiques sur le coût » de cet investissement public, compte sur le déploiement du réseau pour « constituer des trajets très réguliers et en faire un mode de transport aussi facile et habituel que le bus ». Pour le moment, l’usage actuel de Covoit’ici serait en effet plutôt « ponctuel ».

« Ce sont des gens qui utilisent le service en dernier recours en quelque sorte, explique Thomas Matagne. Ce qui est logique parce que c’est comme ça que le service est perçu aujourd’hui : on a ses habitudes de trajet et c’est quand on a une difficulté particulière qu’on va chercher une solution alternative. »

Covoit’ici « commence à s’inscrire dans les habitudes » pour le co-fondateur d’Ecov : « Puisqu’il s’agit d’un nouveau mode de transport, il faut que les gens le connaissent, le comprennent et commencent à l’utiliser. » Et de préciser que « ça prend du temps, mais cette première année a permis d’avancer dans ce sens ».

Financièrement, l’investissement direct représente « un million d’euros sur trois ans » via un consortium public-privé. Ce dernier regroupe le Département du Val d’Oise et la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) dans le cadre d’un appel à projet subventionné du Conseil régional d’Île-de-France, ainsi que le Parc naturel régional du Vexin français (PNRV), et l’Etat. La société Ecov « fait un apport en industrie et en temps de travail ».

« L’objectif est que ce soit un service public particulièrement efficace du point de vue de la dépense publique, plaide Thomas Matagne. En mobilisant les particuliers qui ont des sièges disponibles, les personnes transportées coûtent très peu cher à la collectivité. Et par ailleurs, ça a des effets bénéfiques en termes de réduction de la congestion, de réduction des gaz à effets de serre, etc.»

Covoit’ici, comment ça marche ?

Covoit’ici est un service de covoiturage de courtes distances où les déplacements n’ont pas besoin d’être planifiés. Il faut s’inscrire sur le site internet covoitici.fr et disposer d’un téléphone portable. L’inscription au service coûte 1,99 euro par mois. Pour le passager, le prix du trajet est calculé en fonction de la distance, au tarif de 12 centimes d’euros par kilomètre.

Le passager se rend à l’une des bornes, s’y connecte et entre sa destination. Il valide, paye le prix estimé du trajet, récupère un ticket, et la destination apparaît instantanément sur le panneau lumineux de la station. Le conducteur ainsi informé peut s’y arrêter pour emmener le passager. Une fois le passager bien arrivé, le conducteur récupère l’argent du covoiturage sur internet grâce au ticket remis par le passager.

L’auto-stop rural bientôt en vallée de Seine ?

Pour les territoires plus ruraux des Yvelines, un autre service de covoiturage a commencé à voir le jour en 2015 : Pouce d’Yvelines. Lancé par les associations Beynes en transition et Village d’Yvelines, gratuit pour les utilisateurs, il est financé par les collectivités.

Installé dans cinq communes à l’origine, le dispositif en couvre maintenant 16 dans les petites villes rurales situées autour de Montfort l’Amaury. « Notre objectif est de couvrir toutes les zones rurales des Yvelines, jusqu’au front urbain », indique Armel Pitois, président de l’association Pouce d’Yvelines, qui précise avoir aujourd’hui « plus de 300 inscrits ».

« L’idée est de permettre aux zones non-desservies d’accéder aux gares ou aux stations de bus. », ajoute Armel Pitois. Pour 2017, le président de l’association confie l’ambition de « continuer à grossir », mais à grande échelle : « doubler ou tripler le nombre de communes ».