Le nouveau propriétaire du château serait-t-il finalement le bon ? Depuis plusieurs mois, des dizaines d’ouvriers sont à pied d’oeuvre pour rendre son éclat d’antan au bâtiment Renaissance érigé en 1603 par Maximilien de Béthune, duc de Sully. Le chantier de restauration doit durer plusieurs années. L’association veillant sur ce patrimoine comme les élus se félicitent de la renaissance en cours de ce qui restera néanmoins une demeure strictement privée.

En 1984, une société nipponne l’avait acquis en vue d’en faire un Relais et châteaux… mais l’avait surtout dépouillé de ses meubles et boiseries, puis laissé à l’abandon. Elle le cède en 1998 à Bernard Anthonioz : l’homme d’affaires avance aussi un projet d’hôtel. Il entame une restauration, très partielle et jamais terminée. En difficulté financière, il est obligé de vendre le château aux enchères. En mai 2016, il est acheté 4,09 millions d’euros par Antoine Courtois.

Les travaux se concentrent pour l’instant sur la section touchée par l’incendie, côté Seine, qu’une nouvelle toiture couvrira bientôt.

Ce dernier, patron de l’Atelier Mériguet-Carrière, une entreprise parisienne spécialisée en restauration du patrimoine, n’a pas attendu pour engager les travaux. A Rosny-sur-Seine, le ballet des camions, comme la présence de dizaines d’ouvriers et artisans, ne passent pas inaperçus. « Quelque part, c’est une résurrection ! », se félicite Alain Patin, président de l’Association de mise en valeur du patrimoine historique de Rosny (auparavant centrée sur le château, Ndlr).

L’extérieur et l’intérieur du château devraient être remis en état, comme les dépendances, et le parc de 37 hectares longeant la Seine. Selon nos informations, des travaux d’urgence pour mettre hors d’eau et hors d’air le bâtiment principal ont d’abord été entrepris par Antoine Courtois (qui n’a pas souhaité s’exprimer, Ndlr). Il souffrait toujours de l’incendie avait ravagé sa partie Nord en 1997, le toit en tôle installé après le sinistre étant loin d’être étanche.

Les travaux se concentrent pour l’instant sur la section touchée par l’incendie, côté Seine, qu’une nouvelle toiture couvrira bientôt. Les cheminées, qui menaçaient de tomber, ont été étayées et sont en cours de restauration, comme les façades dont les pierres ayant éclaté sous la chaleur sont toutes changées. De nouveaux planchers intérieurs ont été posés. Le chantier est mené par des entreprises spécialisées, l’une d’elle ayant ainsi à son actif la restauration des façades du château de Versailles.

L’extérieur et l’intérieur du château devraient être remis en état, comme les dépendances (photo), et le parc de 37 hectares longeant la Seine.

« C’est un départ sur les chapeaux de roue. […] Ca n’a strictement rien à voir avec le précédent propriétaire ! », s’exclame Pierre-Yves Dumoulin (LR), adjoint rosnéen. « J’ai comme clients un tailleur de pierre et des plâtriers d’art », précise celui qui est aussi vétérinaire et dont le cabinet jouxte le château. « J’ai toute confiance dans cette personne, qui, je pense, a une véritable envie et les moyens de ses ambitions », se satisfait le maire Michel Guillamaud (LR).

Cette restauration complète coûtera probablement bien plus que les six millions d’euros annoncés par Antoine Courtois lors de son rachat. Elle devrait prendre plusieurs années, au-delà des deux ans annoncés comme premier objectif « pour rendre le château dans un état acceptable » selon le maire. L’année 2017 doit être consacrée tant à terminer la restauration extérieure qu’à lancer le chantier à l’intérieur du corps du château.

Ce dernier conservera son caractère privé, contrairement à ce qui était indiqué lors de la vente, Antoine Courtois annonçant alors en faire une vitrine des compétences de sa société. Il pourrait cependant parfois être ouvert au public par le propriétaire, par exemple lors des Journées du patrimoine. « On espère que la population de Rosny pourra [parfois] profiter du parc et peut-être même revoir le château dans un meilleur état », espère le président de l’association du patrimoine.