C’est une prestation à laquelle personne ne souhaite avoir à recourir que propose l’entreprise Sang froid. Cette dernière, qui a vu le jour en début d’année et dont les locaux sont à Triel-sur-Seine, nettoie des scènes traumatiques après l’intervention des pompiers et de la police. Ses salariés interviennent en général après des morts violentes « de type suicides, crimes ou accidents domestiques », détaille Baptiste Girardet, fondateur de cette société un peu particulière.

Sang froid peut aussi être sollicitée pour éliminer les odeurs après incendie, et effectuer des « débarrassages » de logements devenus insalubres. L’objectif est que « la famille récupère l’environnement sain, indique-t-il. Il ne peut pas être comme avant, mais il faut qu’il n’y ait plus de trace qui puisse faire référence au traumatisme. »

Les employés se chargent donc de faire disparaître des taches de sang, par exemple, aux impacts de balles. Les meubles ou vêtements dont la famille souhaite se débarrasser sont quant à eux pris par Sang froid puis donnés à Emmaus ou Le Relais. Créer une entreprise proposant ce type de service n’est pas banal : Baptiste Girardet en mûrit l’idée depuis 13 ans.

« En 2003, année de la canicule, j’étais pompier de Paris et on faisait des interventions de façon quotidienne, où on découvrait cadavre sur cadavre, raconte le fondateur. Je me demandais alors s’il y avait des prestations qui permettraient d’effacer ces traces pour que ce ne soit pas à la famille de le faire. »

L’année qui suit, Baptiste Girardet est lui-même confronté à deux tragédies personnelles et familiales. Il constate alors que ce genre de services n’existe pas. Il se trouve alors lui-même dans l’obligation de nettoyer des scènes sanglantes. Aujourd’hui, elles ne sont qu’une dizaine de sociétés de ce type en France.

« Là, j’ai réfléchi à monter une structure », explique-t-il. Ce dernier s’est alors rendu au Canada pour recevoir une formation de « technicien en nettoyage de sites d’incidents traumatiques », qui n’existe pas en France. Des Canadiens sont ensuite venus en France pour former l’équipe de Baptiste Girardet, composée de ses 12 associés, « tous pompiers volontaires ».

Depuis sa naissance, Sang froid a réalisé « quatre interventions après décès », dont une tentative d’homicide suivie d’un suicide par arme à feu. Celles-ci ont été faites en Seine-et-Marne, même si l’entreprise opère en Île-de-France et les départements limitrophes. Cette activité n’étant pas régulée, Baptiste Girardet souhaiterait qu’elle « soit reconnue, encadrée et que les assurances couvrent ce genre d’événements ».