Des cochons forcés d’avancer sur une rampe par des coups de pieds ou des chocs électriques. Les images sont violentes et ont été collectées entre novembre et décembre derniers par l’association de lutte contre la maltraitance animale L214 au sein de l’abattoir Guy Harang. La vidéo a été diffusée ce vendredi 17 février sur le site de l’association. Par cette enquête, L214 souhaite questionner le public sur l’utilisation des caméras et surtout l’accès au images, limité à la seule direction.

« C’est un abattoir qui fonctionne par la peur et l’intimidation », commente Sébastien Arsac, co-fondateur de l’association, au sujet de la vidéo qui dure dix minutes. Avant de décrire le dispositif qui conduit les bêtes aux cuves à CO2 : « C’est une rampe à angle droit, avec une barrière anti-retour. Une fois engagés les porcs n’ont plus d’autre choix que d’avancer. » Et on le voit dans la vidéo, s’ils refusent de s’engager, un employé de l’abattoir leur donne des coups de pieds, les frappe à l’aide d’un petit fouet ou leur envoie une décharge électrique.

L’association reproche également à la porcherie d’être sous-dimensionnée : « Les cochons sont entassés sans avoir tous la possibilité de se coucher », détaille-t-elle sur son site. « Nous avions reçu un signalement concernant l’abattoir, mais on ne sait jamais quel degré atteint la maltraitance, explique Sébastien Arsac. Notre première mission c’est de voir et de montrer ce qui se passe dans les abattoirs. »

Concernant les mauvais traitements infligés durant ces quatre jours d’abattage, « il est impossible que la direction n’ait pas été au courant », s’indigne Sébastien Arsac. Selon l’association, l’abattoir d’Houdan est l’un des premiers à avoir installé un dispositif de vidéosurveillance. « Mais seule la direction a accès aux images », regrette-t-il.

Contacté par l’AFP, le directeur du site, Vincent Harang, a déclaré « ne pas cautionner » le comportement de l’employé mis en cause. Ce dernier aurait été « écarté » de son poste depuis. Le directeur précise également : « Après ça, nous avons fait une grosse réunion. Depuis toujours on forme nos employés lors de l’embauche, puis avec de la formation continue. »

L214 pointe également du doigt les services vétérinaires. Un rapport avait été rendu en avril 2016, pointant les mêmes dysfonctionnements. « Au lieu d’écrire taper, ils parlent de stimuler les cochons, souligne Sébastien Arsac. La non-conformité a été prouvée, mais cela n’a pas été suivi de mesures. » Ce vendredi, l’association a porté plainte auprès du procureur de la République, à Versailles, pour mauvais traitements.