La nouvelle a été accueillie sans surprise mais avec satisfaction. La forêt de Rosny, 1 200 ha de bois et propriété depuis 1992 de l’Agence des espaces verts (AEV), institution satellite du Conseil régional d’Île-de-France, est désormais certifiée par le Forest stewardship council (FSC). A la gestion de la coupe d’arbres et à l’entretien de la forêt s’ajoute maintenant une astreinte à protéger activement la biodiversité, les éléments culturels et la sécurité de ceux qui y travaillent. C’est déjà le cas de la butte de Marsinval, 951 ha situés entre autres à Verneuil-sur-Seine et classée FSC en 2014.

L’AEV gère désormais environ 8 000 hectares dans 13 forêts (sur 23 massifs forestiers représentant 11 000 des 14 000 ha possédés, Ndlr) ainsi labellisées depuis qu’elle s’est engagée dans la démarche de certification, en 2013. « Aujourd’hui, les forêts FSC en France, c’est 39 858 ha, dont une bonne partie à l’AEV », apprécie Aurélien Sautière, président de FSC France. L’association décline nationalement les principes de gestion responsable et de développement durable des forêts, déterminés lors de la conférence sur l’environnement de Rio de Janeiro en 1992.

L’AEV est d’ailleurs le seul représentant francilien de cette certification. Encore naissante en France même si elle est de plus en plus répandue dans les autres pays européens, elle exige des audits indépendants et annuels des propriétaires et gestionnaires forestiers. « Nous avons trois piliers pour le développement durable : environnemental, économique et social », explique le président de l’association française née il y a dix ans.

« Elle était louée par des sociétés de chasse, entièrement close, avec un grand parc à sangliers », rappelle Daniel Vaugelade, président de l’Union pour la protection de la boucle de Moisson et de ses habitants (UPBMH).

A la forêt de Rosny-sur-Seine, l’effort, entamé avant la démarche de certification et dès son rachat par l’AEV bouclé en 1992, a été considérable. « Cette forêt n’avait pas été entretenue correctement, elle était louée par des sociétés de chasse, entièrement close, avec un grand parc à sangliers, rappelle Daniel Vaugelade, président de l’Union pour la protection de la boucle de Moisson et de ses habitants (UPBMH). Quand vous mettez un troupeau de sangliers dans une forêt fermée, il y a forcément des dégâts sur les repousses et avec les piétinements, il a fallu tout reprendre. »

Si l’agence publique n’a pas attendu FSC pour entretenir cette forêt aussi partiellement classée en zone Natura 2 000 de protection environnementale, la certification vient tant récompenser ses efforts qu’imposer de les poursuivre. « Pendant des années, il n’y a pas eu beaucoup de récoltes de bois et on a fait des études pour étudier l’environnement », détaille Claire Nowak, responsable du pôle forêt à l’AEV. Les récoltes n’ont ainsi été remises en place que récemment, suite à un nouveau plan de gestion créé en juin dernier par l’Office national des forêts (ONF).

Pour sa certification, des réunions publiques ont été organisées avec élus et associations de chasseurs ou de randonneurs, entre autres, pour déterminer les espèces à protéger et les endroits où elles se trouvaient. « On a mis 63 ha dans des îlots de sénescence, des parcelles où il n’y aura plus de coupes, comme si elles n’étaient pas touchées par l’homme », explique-t-elle tout en rassurant : « Ces îlots ne sont pas situés à côté des chemins ou dans les zones de forte fréquentation afin d’éviter tout incident, on doit toujours concilier ce type d ‘actions avec l’accueil du public. »

Au-delà des aspects environnementaux, la certification FSC a également poussé l’AEV à y classer pour les protéger des éléments culturels et historiques. Dans le bois vernolien de Marsinval, la stèle dédiée au pilote américain Henri Williams Shurlds, abattu en 1944, devra être soigneusement entretenue. Côté forêt de Rosny, une tuilerie du Moyen-Âge a été identifiée, et le belvédère de Châtillon, kiosque remontant à l’Exposition universelle de 1900, a été restauré.

Enfin, « FSC nous a amené à demander les registres d’accidents du travail à nos prestataires et à donner des formations à nos techniciens pour s’assurer qu’ils aient l’expertise nécessaire et tirer vers le haut la qualité et la sécurité du travail en forêt », détaille Claire Nowak. « Il est important de répondre à ces exigences qui nous permettent de ne laisser aucun détail de côté », reconnaît-elle de cette démarche de certification, poursuivie malgré le changement de majorité politique, fin 2015, au Conseil régional d’Île-de-France.

« C’est comme une norme Iso : ça demande un certain degré d’exigence, une montée en compétence de nos experts et un travail conséquent en interne, mais qui aujourd’hui porte ses fruits, se félicite ainsi Loys de Pampelonne, directeur de cabinet à l’AEV de la présidente Anne Cabrit (conseillère régionale LR, Ndlr). Il y a eu un choix politique de la présidente de continuer dans cette voie, en suivant l’avis de nos experts.