« Depuis qu’on a ouvert, on a eu trois permis complets », se réjouissait jeudi dernier Philippe Pascal, le directeur de l’agence d’insertion du Conseil départemental, Activity, lors de l’inauguration officielle dans le centre-ville mantais de la seconde auto-école sociale publique des Yvelines, ouverte depuis septembre. Le Département, qui finance ces formations au permis de conduire à hauteur de 1 100 euros (250 euros restant à charge du bénéficiaire, Ndlr) dans le cadre d’un projet professionnel, compte sur 100 formations au permis délivrées en 2017.

Alors, dans les locaux de cette deuxième auto-école créée dix mois à peine après celle de Versailles, personne ne cachait une certaine satisfaction : pour l’instant, 80 personnes se sont engagées dans une formation au permis, 16 l’ont obtenu, dont six ont retrouvé un emploi. « Je crois qu’on tient le bon bout »,a indiqué le président du Conseil départemental Pierre Bédier (LR) de la création en 2015 de l’agence d’insertion Activity.

Rappelant que « 50 % des bénéficiaires du RSA » des Yvelines vivent en vallée de Seine, il a admis l’échec de la politique d’insertion initialement menée à la fin des années 2000 par le Département. « L’idée était de sous-traiter aux entreprises d’intérim l’insertion de tous ceux qui étaient facilement réinsérables. On a fait un appel à projet, qui a été mis en oeuvre, mais ça n’a pas marché. », s’est-il souvenu.

Une troisième auto-école sociale « dédiée aux jeunes » pourrait d’ailleurs voir le jour à Chanteloup-les-Vignes, indique Philippe Pascal, directeur de l’agence d’insertion Activity.

Les élèves des deux auto-écoles sociales s’y inscrivent par l’intermédiaire de leur référent institutionnel, de Pôle emploi aux assistantes sociales. « Le minimum requis est de comprendre les situations qui posent problème, explique Catherine Lavigna, directrice des deux établissements gérés par l’association yvelinoise Sauvegarde. Et d’avoir besoin du permis pour un retour à l’emploi : habiter en zone rurale, des horaires décalés ou besoin du permis pendant le travail. »

Cinq enseignants exercent dans ces structures dont l’investissement a été cofinancé par l’Union européenne, chacun avec une voiture à double commande. S’y ajoute désormais une Renault Clio automatique.« A Versailles, j’ai pu constater un espoir à travers l’attitude des personnes accueillies », a mis en avant Pierre Bédier jeudi matin. Une troisième auto-école sociale « dédiée aux jeunes » pourrait d’ailleurs voir le jour à Chanteloup-les-Vignes, indique Philippe Pascal.

Pour les moins de 25 ans, si la centaine de permis payés par le Département sont exclusivement destinés aux bénéficiaires du RSA (qui ont normalement plus de 25 ans, Ndlr), « d’autres dispositifs [de financement] existent », rappelle le directeur d’Activity. Dans le Mantois, la situation est un peu particulière : « 500 jeunes de moins de 25 ans sont bénéficiaires du RSA, soit qu’ils aient déjà travaillé, soit qu’ils aient des enfants ou soient issus d’une famille déjà au RSA. »

Une automatique pour faciliter le passage du permis

Jeudi dernier n’était pas inaugurée que la seconde auto-école sociale : l’arrivée d’une voiture automatique à double commande était également célébrée par les élus. Elle s’ajoute aux cinq véhicules actuellement utilisés à Versailles et à Mantes-la-Jolie. « On s’aperçoit que certains bénéficiaires [du RSA] cumulent les handicaps, notamment les handicaps physiques », a expliqué Philippe Pascal, directeur de l’agence d’insertion du Conseil départemental des Yvelines, Activity.

Mais l’apprentissage avec une boîte automatique doit également être plus facile pour les personnes les plus en difficulté avec la conduite. « C’est quelque chose qui va être valable pour le public que l’ont a, pour qui l’apprentissage de la boîte de vitesse est complexe, détaille Catherine Lavigna, directrice des deux auto-écoles. Ca augmente aussi la confiance en soi pour quelqu’un qui n’a jamais conduit et a 45 ans. »