« Ils faisaient partie du paysage », se désole André Sylvestre (ex maire de Magnanville Ndlr), président de l’Association des libres penseurs des Yvelines, des quatre arbres de la laïcité abattus dans la nuit du 11 au 12 mars à Limay, Mantes-la-Ville, Magnanville et Rosny-sur-Seine. Depuis 2006, en collaboration avec les mairies, l’association plante ces arbres, destinés à commémorer la loi du 9 décembre 1905 séparant l’Église et l’État. L’association et trois maires concernés ont porté plainte.

Avant l’abattage de ces arbres, le département en comptait six, dont deux sont encore intacts : un à Bonnières-sur-Seine et un autre à Mézières-sur-Seine. « Il n’y a pas de raison de cautionner ce type de comportement », s’insurge Michel Guillamaud (SE), maire de Rosny-sur-Seine. C’est dans sa ville, qu’en 2006, à la Pointe Sully, qu’avait été planté le premier arbre de la laïcité de France. En 2016, une plaque commémorative avait été installée. Elle a également été dérobée.

« Le ou les auteur(s) de ce geste connaissai(en)t relativement bien le symbole de cet arbre », note pour sa part Eric Roulot (PCF), maire de Limay. L’arbre avait été planté en 2009, devant la médiathèque, pour remplacer celui qui avait péri. « Les faits se sont déroulés alors que la médiathèque était fermée et donc pas accessible au public », poursuit-il.


Si les municipalités de Limay et Rosny-sur-Seine ont choisi de couper leurs arbres, la municipalité mantevilloise a remis debout l’arbre vandalisé.

Avec Michel Lebouc (DVG), premier magistrat de Magnanville, ils ont décidé de porter plainte. « Ce ne sont pas des gamins qui ont fait cela, c’est un acte volontaire », témoigne Michel Lebouc. Et ce ne serait pas le seul fait qui se serait produit sur la commune : « Le 13 mars, on m’a averti que la plaque de la devise républicaine d’une école avait été taguée d’une croix gammée. Je pense que ce sont les mêmes auteurs. »

Pour André Sylvestre, c’est la « première fois », que les arbres du département sont ciblés. Selon le quotidien Libération, l’un des premiers actes de vandalisme a été recensé à Concarneau (Finistère) en 2006. Pour le journal, dont l’article date du 6 février 2014, ces actes sont revendiqués par des mouvements revendiquant « la défense d’une France catholique et le rejet de la franc-maçonnerie ».

Les policiers du commissariat de Mantes-la-Jolie sont chargés de l’enquête : « C’est en cours, nous n’avons pas d’éléments nous permettant de privilégier une piste plutôt qu’une autre », détaille une source proche du dossier.

«Les arbres seront replantés », assurait pour sa part André Sylvestre lundi 13 mars. Si les municipalités de Magnanville, Limay et Rosny-sur-Seine ont choisi de couper leurs arbres, la municipalité mantevilloise a remis debout l’arbre vandalisé, planté devant l’espace Jacques Brel en 2009.