La campagne présidentielle bat son plein. Alors que les yeux sont rivés sur les cinq candidats en tête des intentions de vote, les soutiens des six autres sont également pleinement investis dans ces élections. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Jean Lassalle * et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) ; bénéficient tous de soutiens dans les Yvelines qui diffusent leurs idées comme ils peuvent.

Souvent désignés comme des « petits » candidats, ils n’étaient par exemple pas conviés au premier débat télévisé sur TF1. « On n’est pas traités sur le même pied d’égalité, sur le temps de parole, on est en dessous », regrette Philippe Gommard, responsable départemental du parti d’extrême gauche Lutte ouvrière. Mais la faible exposition médiatique dont bénéficient les six « petits » candidats les pousse à trouver d’autres moyens de faire campagne.

« Comme on est sous médiatisé, on est beaucoup sur le terrain pour aller à la rencontre des Yvelinois », résume Michael Taverne, délégué de circonscription du parti souverainiste Debout la France. Cette idée de « campagne de terrain » est largement reprise par les responsables des différents « petits » partis. Et si la plupart utilisent la même recette faite de réunions publiques, de tractage sur les marchés et de collage d’affiche, etc ; les méthodes varient.

Le Nouveau parti anticapitaliste favorise par exemple le tractage auprès d’entreprises ayant connu des grèves ces dernières années : « les cheminots de Trappes qui ont la tradition des luttes, la centrale EDF de Porcheville qui doit fermer, PSA Poissy dont le sous-traitant MC Synchro refuse de transformer les intérimaires en CDI, les postiers des Yvelines », énumère Christian Faucomprez, militant yvelinois du NPA.

L’autre parti d’extrême gauche, Lutte ouvrière, se rend également « aux portes des entreprises car c’est quand même l’électorat que l’on recherche », confirme Philippe Gommard. Ce dernier indique aussi des tractages dans les différents quartiers populaires des Yvelines. Clément Satger, le représentant yvelinois du parti de Jacques Cheminade, souligne de son côté que les adhérents de Solidarité et progrès « militent toute l’année ». Il précise : « Pendant les élections, ça me frappe toujours de voir dix militants au mètre carré sur les marché, et en dehors il n’y a plus personne.»

Le délégué départemental du parti de François Asselineau, partisan d’une sortie de l’Union européen et de l’otan, Nicolas-Robin Plinate, confirme l’importance d’aller à la rencontre des électeurs sur les marchés. « Ce qu’on a observé, c’est que dans les villes où on a tracté régulièrement, ça multiplie par trois ou quatre le nombre d’électeurs », estime Nicolas-Robin Plinate.

Une véritable bataille d’affiches est menée par l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle.

L’autre bataille que mènent tous les partis engagés dans la course à l’Élysée est celle du collage d’affiches. Depuis plusieurs semaines, les affiches se succèdent sur les différents lieux d’affichages de la vallée de Seine, au gré des arrachages et des nouveaux collages. L’un des candidats dont le visage est le plus visible en affiche, que ce soit sur des panneaux d’affichage public ou de manière sauvage, est François Asselineau. « En collage d’affiche, on est les meilleurs », sourit le délégué départemental de l’UPR.

« Ça montre qu’on a une force militante et comme on n’a pas de notoriété médiatique, ça nous fait connaître, reconnaît Nicolas Robin Plinate. L’intérêt est d’occuper le terrain. » Pour Michael Taverne de Debout la France, « ça permet aux gens de mettre une tête sur une action, un projet, et les gens peuvent s’identifier ».

L’autre facette de la campagne exposée par les soutiens yvelinois de ces six partis et celles menées sur internet. Tous accusent une présence sur les différents réseaux sociaux que Nicolas-Robin Plinate désigne « cybermilitantisme ». « La plupart de nos militants qui ne peuvent pas se déplacer sont entre une heure et trois heures par jour sur les réseaux sociaux », estime le délégué départemental de l’UPR. Le référent yvelinois de Jacques Cheminade, considère que « par le passé, les gens faisaient confiance à la télé et plus maintenant ». Et ajoute : « Maintenant les réseaux sociaux permettent d’être diffusés. »

Alors qu’il reste moins d’une vingtaine de jours avant le premier tour, les avis des différents partis quant à leur résultat sont divers. Christian Faucomprez reconnaît que le NPA ne se présente « pas en espérant être élu président de la République [mais] pour faire connaître son programme et les luttes ». Un avis partagé par Philippe Gommard de Lutte ouvrière qui considère que « les élections, c’est un moyen de s’exprimer sur un programme ». Du côté de l’UPR, Nicolas-Robin Plinate se montre optimiste : « La campagne est tellement ouverte que ça me semble possible que monsieur Asselineau accède à l’Élysée ».

* Les soutiens yvelinois de Jean Lassalle n’ont pas pu répondre aux sollicitations de La Gazette avant l’impression de cette édition.

Qui ira aux élections législatives ?

En cette année d’élection, la campagne présidentielle laissera rapidement place aux élections législatives. Dans les Yvelines, la moitié des six « petits » partis annoncent qu’ils auront des candidats dans chaque circonscription. C’est le cas de Lutte ouvrière, l’Union populaire républicaine et Debout la France. Pour le Nouveau parti anticapitaliste, « ce n’est pas encore décidé et ce sera en fonctions des résultats aux présidentielles », confie Christian Faucomprez, militant départemental du NPA. Quant au parti de Jacques Cheminade, Clément Satger, son représentant Yvelinois, explique : « on va sans doute en présenter, mais la liste n’est pas encore définie .»