Le gymnase Aimé Bergeal de Mantes-la-Ville accueillait la finale du Championnat de France de culturisme ce samedi 8 avril. Parmi les près de 50 compétiteurs venus de la France entière, plusieurs espéraient aussi décrocher leur sélection pour les championnats du monde qui se dérouleront au Mexique. La compétition mantevilloise était organisée par l’Association française de culture physique athlétique et sportive (AFCPAS), en partenariat avec le Club athlétique de Mantes-la-Ville (CAMV). L’occasion de découvrir cette discipline avec Aboubacar Bakayoko, président de l’AFCPAS, mais surtout légende locale de culturisme et champion du monde en 2007.

« C’est la partie scénique de la musculation, explique Aboubacar Bakayoko du culturisme. On présente le travail fini et ce qui compte, c’est la beauté et le côté esthétique. » Sur scène, les compétiteurs s’enchaînent, tendent leur impressionnante musculature pour présenter le fruit de leur travail, afin de se départager dans les 22 catégories qui sont fonctions du poids, de la taille et de l’âge. « Le sportif a une minute pour présenter sa chorégraphie et chacun est jugé par rapport à sa définition, son équilibre et son harmonie musculaire », détaille Aboubacar Bakayoko.

Pour faire un bon culturisme, l’ancien champion détaille ce qu’il appelle « le triangle de feu », basé sur « une rigueur en terme d’alimentation, un entraînement rigoureux et du repos ». Mais il met en garde contre le « surentraînement » et préconise « entre quatre et cinq séances par semaine pour un compétiteur ». Des séances au cours desquelles sont travaillés « tous les muscles de la cheville au cou ».

Alors qu’au cours de l’année, un culturiste suit un régime basé sur « une alimentation adaptée à la prise de masse », dans les quelques jours qui précèdent une compétition, il « rentre en sèche », confie Aboubacar Bakayoko. C’est une période dont l’objectif est de réduire les graisses accumulées sans toucher aux muscles obtenus, afin que chaque muscle apparaisse plus nettement. « C’est une restriction contrôlée. L’alimentation est une partie importante du culturisme : un verre d’eau peu complètement anéantir tout le travail », prévient la légende locale de la discipline. La veille d’une compétition, les culturistes peuvent donc aller jusqu’à « s’abstenir de boire ».

Aboubacar Bakayoko reconnaît que le culturisme est « une pratique mal connue et méconnue », car souvent associée au dopage. Il explique pour sa part « essayer de faire avancer ce sport […] en inculquant une pratique seine et la philosophie de ce sport ». Derrière ses aspects de performance individuelle, le président de l’AFCPAS vante « un sport collectif dans le partage : ce que tu ne sais pas et que je sais, on le partage ».