Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? L’ère des annonces semble révolue pour se concrétiser enfin : la direction du centre hospitalier a signé, il y a un mois, la construction de son nouveau bâtiment de soins critiques, avec le groupe Bouygues construction. Ses cinq étages doivent accueillir leurs premiers patients au printemps 2020, et seront tous liés par l’intérieur aux locaux du bâtiment principal existant.

D’après certains représentants syndicaux, le personnel du centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain reste prudent, tant le précédent du nouvel hôpital avorté de Chambourcy (projet abandonné en 2011 malgré son état avancé de conception, Ndlr). Et ils rappellent que des efforts ont été demandés à l’hôpital par les représentants de l’Etat avant le déblocage de 40,5 millions d’euros, pour un investissement total d’environ 70 millions d’euros (nécessitant un prêt d’environ 25 millions d’euros, Ndlr).

« La logique de ce bâtiment est qu’il est l’extension d’un bâtiment existant, pouvant permettre d’être en lien avec les activités existantes », explique la direction de l’hôpital.

« Le projet d’établissement, adopté en 2013, prévoit la spécialisation de chacun des sites, rappelle Nicolas Bougaut, directeur de la stratégie et de l’administration générale. Saint-Germain aura l’ambulatoire, un plateau technique d’imagerie radio, les consultations et hospitalisations de jour, et le site de Poissy les activités de soins critiques et d’urgences. »

L’hôpital a demandé aux architectes de concevoir un bâtiment à la capacité basée « sur l’hypothèse d’une stabilité ou d’une légère augmentation de l’activité actuelle avec un peu de marge ». Toutefois, il a doublé cette estimation d’une exigence de modularité, au cas où : « On doit pouvoir s’adapter à une évolution de l’activité […] on est sur le principe de plateaux qui peuvent être modifiés », mais aussi avec des chambres individuelles pouvant recevoir un second lit d’hospitalisation.

Au rez-de-chaussée doivent emménager à terme l’accueil et les urgences adultes dimensionnées « pour environ 50 000 passages annuels ». Le premier étage accueillera les urgences gynéco-obstétriques et le plateau d’accouchement « jusqu’à 5 000 naissances par an et plus si nécessaire ». Au second se trouveront tous les soins critiques pour adultes : réanimation et soins intensifs. Le troisième recevra les urgences néonatales, l’unité kangourou et le secteur génétique. La maternité doit être au quatrième, l’hospitalisation classique et la chirugie au cinquième.

Sécurité incendie : 15 millions d’euros de travaux

La situation, plutôt grave, est connue du personnel, moins hors de l’hôpital : ses locaux ne respectent pas les normes de sécurité incendie, et ce depuis de nombreuses années. La direction, dans le même cadre que celui ayant mené à la construction du nouveau bâtiment, investit 15 millions d’euros en plusieurs phases, la première ayant débuté l’an dernier.

« L’hôpital de Poissy ne devrait pas ouvrir, la commission de sécurité incendie a donné un avis défavorable ces dernières années, rapporte même Frédéric Brémard, délégué syndical Sud-santé. L’an dernier, on a eu six départs de feu, on ouvre chaque année grâce au préfet (qui signe une dérogation, Ndlr), autant dire que la direction sue à grosses gouttes. »

« Les deux sites ont des problèmes par rapport à la réglementation, reconnaît le directeur Michaël Galy. L’établissement avait envisagé plusieurs schémas directeurs depuis le milieu des années 1990, qui n’ont jamais reçu un début d’exécution significatif, pour des raisons que je devine être des problématiques financières. » Il assure que la fin de la première tranche de travaux, terminée cet été, doit « assez nettement élever le niveau de sécurité ».

« La logique de ce bâtiment est qu’il est l’extension d’un bâtiment existant, pouvant permettre d’être en lien avec les activités existantes et permettre un trajet du patient de manière fluide », complète enfin Nicolas Bougaut. Ainsi, par exemple, les urgences adultes seront à quelques mètres du service d’imagerie médicale, et le plateau d’accouchement au même niveau que le bloc opératoire et la salle de réveil.

« On attend que la première, la seconde et la troisième pierre soient posées », indique Frédéric Brémard, délégué syndical Sud-santé à l’hôpital, témoignant de la prudence du personnel. Lui avance surtout que l’instance de l’Etat qui débloque les fonds, le Copermo, a indiqué que l’hôpital « n’était pas tout à fait dans la trajectoire » et avait encore « 40 postes à supprimer de personnel non médical et deux postes de médecins ».

Après Mantes-la-Jolie, le stationnement deviendra payant à Poissy

« Pour augmenter le nombre de places disponibles, des investissements vont devoir être réalisés, justifie le directeur de l’hôpital, Michaël Galy. Le calendrier n’est pas arrêté mais le principe est acté. »

En septembre, le stationnement devient payant à l’hôpital de Mantes-la-Jolie, au tarif de 1,20 euros de l’heure, avec 30 minutes gratuites, du lundi au vendredi, sauf pour le personnel qui conserve la gratuité. A Poissy, si les délais ne sont pas encore connus, le même principe va être appliqué par la direction commune, en confiant la gestion des places à un délégataire privé se rémunérant par le paiement par les usagers et visiteurs, et en échange du réaménagement complet du stationnement.

« Pour augmenter le nombre de places disponibles, des investissements vont devoir être réalisés, justifie le directeur Michaël Galy. Le calendrier n’est pas arrêté mais le principe est acté. » Des comptages seront réalisés, mais il ambitionne, sauf bonne suprise, l’érection d’un parc de stationnement avec un étage. « L’autre élément de complexité est qu’il va falloir qu’on articule ça dans un calendrier serré pour que tous les travaux n’aient pas lieu en même temps avec le nouveau bâtiment. »

Crédit photo : ARCHI GRAPHI – GROUPE-6 – EXFOLIO