Plus de 58 ans que le quartier du Val Fourré existe, et plus de 58 ans qu’en faire la promotion reste un véritable casse-tête. En septembre prochain, une nouvelle association de promotion du quartier et de son histoire, à l’initiative de Mamoudou Ba, tentera d’apposer sa pierre à l’édifice. La tâche est lourde, surtout quand de nombreux préjugés subsistent toujours autour du mythique quartier mantais.

« Il y a quand même un patrimoine à valoriser, celui de nos ainés, de nos parents, qui sont venus ici dans un quartier qui était tout neuf avec des appartements, le confort moderne, explique le fondateur de l’association. Il me paraît important de recueillir leurs témoignages, parce que petit à petit malheureusement ils s’en vont, nous voudrions aussi qu’ils nous lèguent, leurs souvenirs, leurs photos, leurs anecdotes. »

Construit entre 1959 et 1977, imaginé par les architectes Raymond Lopez et Henri Longepierre, le Val Fourré compte aujourd’hui près de 21 000 habitants. Il reste un quartier emblématique du Mantois, mais peine à attirer. La réhabilitation du Val Fourré est pourtant plus que jamais à l’ordre du jour, à l’heure de la reconstruction du quartier Dalles-Centralité, suivant la démolition de nombreux bâtiments.

Cette nouvelle association aura donc pour objectif un profond travail de mentalités. « Il y a encore ce préjugé qui s’installe, qui dure et qu’on a envie petit à petit à travers cette association de gommer, indique Mamoudou Ba. C’est surtout de voir au niveau des habitants ce que l’on peut faire collectivement. » A travers des expositions, des conférences, et de nombreuses autres activités, l’association veut faire ressurgir le patrimoine de « la plus grande cité d’Europe ».

Mamoudou Ba compte sur son plan « passé, présent, avenir » pour y parvenir. « Le passé, il faut le valoriser, il faut que les jeunes sachent ce qu’est ce quartier, comment il a germé, quels ont été les grands élus qui ont permis que le quartier vive, détaille le fondateur de l’association. Le présent, c’est les difficultés actuelles du quartier en termes de sécurité, d’équipements. Et puis l’avenir, c’est faire en sorte que chaque année, on puisse remettre à la ville un rapport. »