Près du centre-ville, 17 chats vivent dans la maison de Monique Borel, la présidente de l’École du chat de Poissy. Cette association, fondée en 2009 et reconnue d’intérêt général, intervient dans toutes les Yvelines et particulièrement en vallée de Seine. Son objectif est de « s’occuper des chats errants, abandonnés, ou perdus et non identifiés, explique Monique Borel, présidente depuis début 2015, tout en gardant d’un coin de l’œil les petites boules de poils rôdant dans son salon. Notre politique, c’est de les sauver et surtout de leur trouver un foyer. »

Si cinq des matous lui appartiennent, les autres sont des chats errants capturés par l’association qui faute de locaux, les garde chez Monique Borel dans l’attente de leur trouver une famille d’accueil. L’École du chat est l’une des rares associations à intervenir dans le département pour attraper les chats errants lorsqu’on leur en signale. Alors que cette tâche incombe normalement aux services municipaux, face au nombre élevé de petits félins circulant librement, les adhérents actifs de l’association mènent des actions quotidiennement.

« Notre politique, c’est de les sauver et surtout de leur trouver un foyer », explique la présidente de l’École du chat de Poissy, entourée de nombreux chats errants sortis de la rue.

Les services proposés par l’École du chat semblent plébiscités. En moins d’une heure, le téléphone portable de Monique Borel a sonné pas moins de trois fois, « tous pour l’Ecole du chat », assure cette dernière. Et le téléphone n’est pas le seul mode de communication utilisé pour prévenir l’association de la présence d’un chat en liberté : « Tous les jours ont reçoit des alertes, au moins cinq ou six sur notre site, et sur Facebook c’est encore pire, indique Monique Borel. Ça n’arrête pas, […] même les jours fériés. »

Une fois qu’une personne avertit l’association, cette dernière se charge d’aller capturer le chat errant à l’aide d’un « piège avec système de porte », précise la présidente. Ce « trappage » des félins peut prendre du temps : après avoir posé le piège, « il faut attendre à côté » que le chat morde à l’appât, détaille Monique Borel. Au risque qu’ils ne se laissent des fois pas avoir et que les membres de l’association rentrent bredouilles.

Après les avoir attrapés, ce qui peut prendre du temps, l’École du chat de Poissy effectue toutes les démarches pour « les identifier, les soigner, et les stériliser pour éviter leur prolifération », détaille Monique Borel qui s’inquiète du nombre grandissant de chats errants. Un couple d’individus peut potentiellement engendrer 20 000 descendants en 5 ans. La présidente de l’École du chat rappelle que la prolifération « entraîne des nuisances, de l’insalubrité, des maladies, de la misère animale et de la maltraitance de la part des gens qui ne les supportent pas ».

L’association capture des chats errants pour les remettre sur pied et ensuite leur permettre d’être adoptés.

Quand l’association a remis le chat en bonne santé, deux possibilités s’offrent à elle. « Soit on les remet sur leur terrain, à condition qu’il soit sécurisé et que le chat puisse être nourri, souligne Monique Borel, en racontant avec détails l’histoire de chacun des chats passés par l’École du chat. Lorsqu’on ne peut pas le remettre, on cherche une famille d’accueil qui aura pour but de le sociabiliser [avant] qu’il soit adopté. »

Car ces chats ayant vécu presque toute leur vie dans la nature, il faut les habituer à vivre en compagnie de l’Homme avant qu’ils puissent être adoptés, ce qui « prend du temps », d’après Monique Borel. En 2016, l’École du chat de Poissy a réussi à réaliser environ 50 adoptions. Mais tant qu’aucune famille d’accueil n’a été trouvée pour sociabiliser les chats, « je les garde chez moi », confie la présidente de l’association, d’où leur présence en nombre chez elle.

L’année dernière, l’association a trouvé 24 familles d’accueil, « mais qui ne sont pas pérennes donc on est tout le temps à la recherche de familles d’accueil », exprime Monique Borel. L’association subsiste grâce aux dons des particuliers et une petite subvention de la mairie. Et si l’École du chat compte une vingtaine d’adhérents, seuls deux d’entre eux, dont Monique Borel, sont réellement actifs. « On est débordés, on a besoin aussi de bénévoles », glisse cette dernière.