Sur l’île Aumône mantaise, au bout d’un sinueux chemin d’herbe difficilement praticable, un moteur de jet-ski vrombit : William Bajolet enchaîne backflips (salto arrière, Ndlr) et autres impressionnantes figures. La Seine est le terrain d’entraînement privilégié de ce Mantevillois de 44 ans, qui s’est récemment illustré aux championnats de France de jet-ski freestyle. « Ça fait beaucoup d’années que je fais du jet-ski sur la Seine, les paysages et la région sont magnifiques », apprécie William Bajolet, sans oublier de mentionner la fraîcheur de l’eau en hiver.

Cette discipline, peu pratiquée dans les Yvelines, consiste à réaliser des figures acrobatiques au guidon d’une motomarine à bras sur laquelle le sportif se tient debout (différent du scooter des mers où la personne est assise, Ndlr). S’il n’est pas professionnel, dans le sens où il ne vit pas de ce sport, William Bajolet fait partie des meilleurs jet-skieurs de la région et est membre d’une équipe internationale. « Je suis arrivé sur le tard, je devais avoir presque 30 ans », raconte ce dernier. C’est après avoir rencontré un pratiquant de jet-ski freestyle, que le Mantevillois s’y est investi.

C’est maintenant avec passion qu’il énumère les différentes facettes du jet-ski freestyle qui le pousse à repousser ses limites : « Le contact avec l’eau, l’adrénaline quand tu es dans l’air à l’envers avec le jet, ce sont de bonnes sensations. » Derrière l’aspect ludique du jet-ski freestyle se cache un sport physique : « Le cœur monte vite, c’est comme un match de boxe, on est épuisé après », prévient William Bajolet, dans son atelier rempli de pièces de jet-ski.
En championnat, les compétiteurs passent un à un devant un jury et doivent faire la meilleure partition pour recueillir la meilleure note possible. « On a trois minutes pour réaliser le plus grand nombre de figures, explique William Bajolet. On est ensuite jugé sur le nombre de figures, la diversité, la qualité et la prise de risque. » Habitué aux compétitions au vu du nombre de coupes présentes dans son atelier, William Bajolet a atteint le toit du continent avec un titre de champion d’Europe en 2013.

En quelques minutes sur l’eau, William Bajolet est capable d’enchaîner des figures toutes plus impressionnantes les unes que les autres.

Après cette consécration, le jet-skieur avait soulevé l’idée de ne pas continuer la compétition de haut niveau. « Mais cette année, j’ai essayé les championnats de France et c’est fructueux », confie cet inarrêtable sportif. En effet, quatre ans après son titre européen, William Bajolet s’est a nouveau illustré en remportant les deux premières manches, sur quatre, des championnats de France qui se déroulaient les 29 et 30 avril à Sainte-Maxime.

Une performance qui le place en bonne position pour espérer un très bon résultat au terme des deux dernières manches qui auront lieu le 14 juillet à Vernon. Quant à ses objectifs après la compétition de cet été, William Bajolet préfère rester mesuré. « Je me mettrai peut-être en retraite (pour les compétitions de jet-ski, Ndlr) mais bon, j’avais déjà dit ça après le titre européen, sourit-il. Donc je vise déjà un podium aux championnats de France et j’ai encore beaucoup à m’entraîner jusque là. »