La vallée de Seine a accueilli en fin de semaine dernière une compétition d’envergure internationale de fléchettes (ou darts en anglais, Ndlr). L’édition 2017 de la Coupe de Méditerranée, appelée Medcup (voir encadré), s’est déroulée du mercredi 17 au samedi 20 mai à Poissy. Un rendez-vous immanquable pour les amateurs et l’occasion de découvrir ce sport complet demandant précision et calcul mental.

De manière générale, une partie se joue avec trois fléchettes et une cible circulaire décomposée en plusieurs zones, rapportant chacune un nombre de points spécifique quand elle est atteinte. Si de nombreuses déclinaisons de la discipline existent, dans sa version pratiquée en compétition, chaque équipe (seul, en duo ou plus) part avec un capital de 501 points et lance tour à tour ses trois fléchettes.

« Le but est de descendre ces 501 points le plus vite possible », explique le Pisciacais Jean-Claude Miguel, président du comité organisateur de la Medcup 2017 et ancien président de la Fédération française de darts (FFD). Pour cela, au-delà d’une bonne précision, la pratique demande notamment des compétences de calcul mental : chaque joueur calcule rapidement de tête le nombre de points qu’il doit réaliser à chaque tour pour remplir le plus rapidement l’objectif des 501 points. Dans le silence de la compétition, les nombres fusent à une vitesse difficile à suivre pour les néophytes.

« Il faut […] du physique parce qu’on joue pendant sept ou huit heures d’affilées devant une cible pendant un tournoi », explique le président du comité organisateur de la medcup 2017.

« La discipline comporte des éléments difficiles, souligne Jean-Claude Miguel alors que derrière lui, une vingtaine de femmes concourent pour les demi-finales de la Medcup, lançant imperturbablement et à rythmes réguliers leurs fléchettes. Il faut de la stratégie dans le décompte, du physique parce qu’on joue pendant sept ou huit heures d’affilées devant une cible pendant un tournoi, […] et également de la pugnacité parce que tant qu’on n’a pas mis la dernière flèche, on n’a pas gagné. »

De son côté, Cyril Blot, membre de l’équipe de France ayant déjà figuré dans le top 20 mondial de la discipline, souligne qu’atteindre un bon niveau demande de l’investissement et son lot de patience. « C’est beaucoup d’entraînement, au moins une heure tous les jours, sourit Cyril Blot, véritable passionné qui a lui même commencé à pratiquer les fléchettes en tant que loisir à l’armée. Et il faut faire beaucoup de tournois pour apprendre à gérer la pression et éviter de trembler devant la cible. »

Alors que le président du comité organisateur vante un sport qui peut se pratiquer à tout âge avec par exemple des « divisions vétérans pour que tous puissent continuer », il apprécie son aspect « pédagogique par rapport aux enfants car on apprend à compter et décompter ». En France, les fléchettes restent une pratique assez confidentielle et Jean-Claude Miguel estime qu’il manque à la FFD « des bénévoles » et des « sponsors » pour continuer à se développer. Et d’assurer : « C’est un sport « exotique » de petite audience, mais les gens qui mordent à l’hameçon, de la fléchette, y font carrière. »

La Medcup pour concurrencer le Nord de l’Europe

Tous les ans, la Coupe de Méditerranée, ou Medcup, rassemble huit nations du sud de l’Europe. Alors que la compétition est organisée chaque année dans un pays différent, son édition 2017 s’est déroulée à Poissy du mercredi 17 au samedi 20 mai. Près d’une cinquantaine de sportifs de haut niveau étaient présents pour l’occasion, représentant huit nations de la Turquie à la Grèce, en passant par la Roumanie, l’Italie et bien-sûr l’équipe de France.

Créée il y a 17 ans par des fédérations de différents pays, l’objectif de la Medcup est de faire progresser ce sport dans le Sud de l’Europe. « C’est un sport anglais donc le bloc du Nord de l’Europe est très professionnel et le bloc du Sud de l’Europe est en devenir », explique le Pisciacais Jean-Claude Miguel, président du comité organisateur de la Medcup 2017.

A travers cette compétition, les différentes nations engagées voient ainsi leurs joueurs progresser avec l’idée d’atteindre le niveau de pratique des compétiteurs nord-européens. « La Medcup est une compétition éducative et de mise en lumière de la discipline », précise Jean-Claude Miguel, qui ajoute que cette édition est « la plus grosse Medcup organisée ».