Il n’est jamais facile de venir annoncer en personne une hausse des taux d’imposition des taxes locales de 13 %. Alors, ce soir du 4 mai dans la maison de quartier Fin d’Oise, il a ferraillé toute la soirée, l’adjoint aux finances Jean-Michel Cecconi (LR). Contre une opposition habituelle, celle du conseil municipal, mais aussi contre des administrés d’ailleurs souvent eux-même en désaccord entre eux.

« Le problème est qu’on a trop de dépenses par rapport à nos recettes », assure l’adjoint pendant sa présentation menée avec force graphiques et camemberts projetés sur l’écran, et parsemée de questions de l’assistance. « Mais ça n’a rien à voir avec l’intercommunalité », poursuit-il en réponse à un quarantenaire conflanais demandant « pourquoi » avoir fait la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), créée au 1er janvier 2016 par fusion de six intercommunalités.

« Le problème est qu’on a trop de dépenses par rapport à nos recettes », assure l’adjoint aux finances, Jean-Michel Cecconi, pendant sa présentation menée avec force graphiques et camemberts.

« L’objectif n’est pas de s’amuser à augmenter tous les ans les impôts, intervient à la fin d’une réunion plutôt houleuse le maire Laurent Brosse (LR) devant la cinquantaine de présents. Après une hausse de 8 % en 2015, puis de 13 % cette année, aboutissant à 21,63 % pour la taxe d’habitation et 20,35 % pour la taxe foncière, il évoque la prospective juste présentée aux habitants, justifiant son choix de réduire encore les dépenses de fonctionnement. Et prévient : « Si on en reste là, on est contraint d’augmenter les impôts tous les trois ans. Mes prédécesseurs l’avaient fait. »

Face aux deux élus, des habitants plutôt mécontents, et nombre de conseillers municipaux ou militants politiques donnant à la soirée un air de conseil municipal. L’un des habitants demande s’il est nécessaire de subventionner certaines associations sportives. « Moi, j’aimerais bien qu’on me parle grands projets, je veux bien payer des impôts, mais qu’en face, il y ait quelque chose », reproche un autre. Une troisième demande s’il n’est pas possible de réduire le nombre des 550 agents municipaux.

« Il y a d’autres postes sur lesquels on peut rogner, comme les frais de réception, 96 000 euros, ou 3,8 millions d’euros pour les fêtes et cérémonies […] il reste du gras », conteste le conseiller municipal d’opposition Gaël Callonec (EELV), pointant d’autres sources d’économies que celles présentées par Jean-Michel Cecconi. Une bonne partie de la soirée, avec l’adjoint, ils rejouent leurs échanges en conseil, devant un public parfois un peu las de ces débats budgétaires plutôt techniques, notamment concernant la dette.