La victoire de la CGT parmi les ouvriers de l’usine pisciacaise du groupe PSA aux élections professionnelles du 16 mars est actuellement assombrie par le procès en cours de son secrétaire pour violences, et de neuf autres syndiqués pour séquestration. Le syndicat s’indigne de ces procédures judiciaires à l’encontre de ses membres, la direction répond que les plaintes émanent de cadres à titre privé.

Vendredi 23 juin, 8 h 30, tribunal de Versailles. Plus de 250 manifestants sont rassemblés à quelques mètres de l’entrée. Certains sont venus de loin, à voir les vestes siglées des CGT de nombreuses usines du groupe PSA. Ils sont là pour exprimer leur soutien à Farid Borsali, secrétaire de la CGT de l’usine de Poissy, dont l’audience en correctionnelle se tient à 9 h. « Le tribunal me convoque pour des choses mensongères, des faits de violence », s’indigne Farid Borsali face à ses soutiens.

Un salarié de l’usine a porté plainte suite à une intervention dans un atelier du délégué syndical en tant que membre du Comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT). Les faits se seraient produits en septembre 2016. « La CGT a sa version, nous, on a notre version, un responsable d’unité a eu deux doigts retournés et un arrêt de travail », indique la direction de l’usine de l’altercation qu’elle considère comme « une affaire strictement privée ».

Neuf militants de la CGT de l’usine PSA ont été mis en garde à vue pendant plusieurs heures, suite à la plainte d’un cadre de l’usine.

« C’est la première fois qu’un militant de la CGT de Peugeot Poissy est convoqué en correctionnelle », note Sonia Porot, secrétaire de l’Union départementale CGT des Yvelines. Actuellement, dans l’usine, les mises à pied seraient nombreuses pour les membres de la CGT. Le syndicat avance un total de 61 jours. « On a récolté 4 400 euros pour payer les mises à pied », déclarait Farid Borsali quelques minutes avant l’audience. Le jugement doit être rendu ce vendredi.

Quelques jours plus tard, au matin du mardi 27 juin, les dirigeants de la CGT, Farid Borsali et Jean-Pierre Mercier, ainsi qu’une vingtaine de membres, sont restés toute la journée devant le commissariat de Conflans-Sainte-Honorine. Neuf militants de la CGT de l’usine PSA ont en effet été mis en garde à vue pendant plusieurs heures, suite à la plainte d’un cadre de l’usine pour séquestration, vis-à-vis de faits remontant au 17 février dernier. Repartis libres, ils sont convoqués au tribunal le 16 novembre pour l’audience.