Dans les anciennes écuries, à côté du château, plusieurs centaines d’objets, datant parfois de la Préhistoire, et des mannequins s’empilent. « Il y a 30 ans d’accumulation alors c’est sûr que cela prend un peu de place », reconnaît Jean-Louis Lazé, président de l’Association sauvegarde et étude du patrimoine (Asep), créée en 1983. Mais d’ici quelques mois, le président devrait pouvoir respirer un peu, avec l’ouverture d’un écomusée (un lieu destiné à mettre en valeur le patrimoine matériel et immatériel d’un territoire spécifique, Ndlr) dédié au maraîchage à l’horizon 2019, qu’il faudra meubler.

Car si un musée de ce type existe déjà à Eyssines (Gironde), en Île-de-France ce serait une première. «On s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’écomusée en vallée de Seine, alors que le maraîchage est typique du territoire, détaille Pascal Chavigny, maire sans étiquette de la commune. A l’époque, par exemple, Flins comptait une quarantaine de fermes et on y cultivait le navet. A Achères, c’était plutôt le chou. »

Si le projet « renaît de ses cendres », pour Jean-Louis Lazé, il est important de « savoir sauvegarder nos us et coutumes ». Et poursuit : «  Cela permettrait d’apporter un peu d’animation, il faut éviter que Flins devienne une ville dortoir. » L’écomusée serait ainsi intégré dans un circuit comprenant les anciennes écuries et le château, ainsi que le lavoir restauré. La municipalité souhaiterait aussi ouvrir le lieu aux écoles de la vallée de Seine avec des partenariats.

Des mannequins, habillés d’époque, seront également placés dans les différentes pièces, « afin de faire des mises en situation », précise Pascal Chavigny, le maire flinois.

C’est dans une ancienne maison de maître de 1830, « la maison Gauthier », située rue de Meulan que le futur écomusée du maraîchage devrait voir le jour. Rachetée par la mairie en début d’année pour 280 000 euros, la bâtisse de 644 m² « parfaitement conservée », était ouverte au public samedi 9 septembre, afin que les Flinois puissent se faire une idée.

Le 30 janvier dernier, lors d’un conseil municipal, l’édile expliquait également que le terrain municipal à l’arrière du bâtiment « pourrait permettre le stationnement » dans le cadre d’une « cohérence foncière ». Si pour l’heure, la maison est vide, elle se remplira grâce au concours de l’Asep.

« Depuis le mois de janvier, je prospecte pour récupérer des objets liés au maraîchage auprès de particuliers, d’associations », souligne Jean-Louis Lazé. Des mannequins, habillés d’époque, seront également placés « afin de faire des mises en situation ». Des travaux sont également à prévoir pour reconstituer le cabinet de toilettes, les latrines mais aussi la toiture « à remettre d’époque », tout en respectant les normes. « On voudrait créer une salle vidéo pour les personnes à mobilité réduite qui ne pourraient pas monter à l’étage. Il y a encore du boulot », complète Pascal Chavigny.

Concernant le calendrier, le maire avait demandé lors du conseil municipal du 29 mai qu’ « une feuille de route soit établie avant fin septembre pour définir les besoins matériels, techniques, et humains, du projet ». Il devrait être présenté devant les Musées d’Île-de-France dans les mois à venir.