En France, le harcèlement scolaire nécrose primaires, lycées et collèges depuis des années. Numéro vert, campagnes de sensibilisation, enquêtes,… les initiatives mises en place sont de plus en plus nombreuses. Si elles sont nombreuses, elles ne regorgent pas toujours d’originalité. Aux lycées Condorcet et Lavoisier de Limay et Porcheville, c’est pourtant une initiative des plus novatrices qui est tentée depuis quelques mois. Le projet est simple, laisser la parole aux jeunes sur les sujets qui les concernent.

C’est ainsi que Marine, Mathis (17 ans) et Daniel (16 ans), invités de l’émission de LFM État et Civils, sont devenus ambassadeurs lycéens contre le harcèlement. « L’idée, c’est de faire en sorte que ce soit les lycéens qui aillent parler aux plus jeunes et qui leurs montrent qu’on peut sortir du harcèlement » résume Marine. Monté par le Centre académique d’aide aux écoles et aux établissements (CAAEE), le projet a pour « objectif premier de pouvoir parler du harcèlement parce que ça a été un sujet un peu tabou dans l’Éducation nationale jusqu’aux années 2009 » explique sur le plateau de LFM Karina Jegout, conseillère au CAAEE.

Le harcèlement scolaire « c’est l’idée de répétitions, d’une victime qui n’arrive plus à se défendre et de quelqu’un qui a une volonté de nuire. Ce sont des micro-violences, des petits coups, rarement des grosses bagarres, des formes de violences plus psychologiques », ajoute-t-elle. Une définition importante que Marine, Mathis et Daniel s’évertuent à expliquer dans le plus de classes possibles. « C’est avant tout une interaction avec les élèves pour qu’ils prennent la parole et que ce soit un moment où l’on s’amuse, et où tout en s’amusant l’on apprenne que le harcèlement est quelque chose de très grave », souligne Daniel.

Pour Karina Jegout, l’initiative est un succès total. « Le discours des jeunes envers les jeunes est beaucoup plus efficace », analyse-t-elle. Ce qui fait sa réussite, c’est avant tout le point de vue particulier de ses ambassadeurs : pour certains, le harcèlement est loin d’être une idée abstraite puisqu’ils l’ont vécu. Mathis a lui-même déjà assisté à ce genre de pratiques. « Quand on est témoin, on ne sait jamais comment réagir, confie ce dernier. Mais si on ne dit rien on a toujours ce sentiment de culpabilité à la fin de la journée. »

Etat et Civils

Tous les mercredis, de 11 h à 11 h 30, présenté par Jordan Brest, en écoute sur le 95.5 FM et sur lfm-radio.com