Pourquoi devenir maire ?
Jusqu’à il y a deux ans, un de mes objectifs était de devenir député, j’avais d’ailleurs été le suppléant de Cécile Dumoulin (en 2012, Ndlr). Mais la seule façon de gagner était que Michel [Vialay] soit candidat, j’étais de ceux qui souhaitaient un candidat connu, apprécié et qui n’ait pas une image d’homme politique national. A ce moment-là se pose évidemment la question de sa succession.

Dès qu’il a décidé d’être candidat, j’ai décidé d’être son directeur de campagne, et à ce moment-là, l’idée a germé dans ma tête. Après les législatives, j’ai fait le tour du groupe [majoritaire], ce que m’ont dit les adjoints et les gens de la liste m’ont conforté dans mon choix. Ca s’est fait très progressivement, assez naturellement, sans aucun plan de carrière.

Comment allez-vous vous inscrire dans ce demi-mandat ?
En termes de feuille de route, la continuité est parfaite, on a été élu sur un programme qui ne change pas en fonction du maire, mon travail est de faire aboutir ce programme. Il reste le même, mais l’environnement a tout de même changé : communauté urbaine qui n’existait pas, baisses de dotations et autres contraintes extérieures.

Après, il y a la personnalité, et la façon dont on aborde la fonction. Je suis plus jeune que Michel, j’appartiens à une autre génération, peut-être plus portée sur le numérique. Je compte être un maire qui travaille ses dossiers, qui développe des outils et fait en sorte d’être extrêmement proche de la population. En gros, le même programme avec des méthodes un peu différentes.

Bio politique express

2004 Le Grenoblois découvre Mantes-la-Jolie en devenant assistant parlementaire de Pierre Bédier alors député LR.

2006 Devient directeur de cabinet du maire Michel Vialay (LR).

2007 Candidat perdant à la présidence des Jeunes UMP.

2008 Se présente aux élections municipales à Limay, devient conseiller municipal d’opposition.

2012 Suppléant de Cécile Dumoulin (LR) aux élections législatives.

2014 Se présente sur la liste menée par Michel Vialay à Mantes-la-Jolie, devient adjoint au commerce. De 2014 à 2017, il prend la présidence de divers organismes et institutions publiques : Maison des entreprises et de l’emploi, Mission locale, et les Résidences Yvelines-Essonne.

Un message pour l’opposition ?
Je sais très bien ce qu’est l’opposition, je l’ai faite moi-même ! Je compatis avec la difficulté de faire ce boulot, mais je connais aussi très bien les risques d’excès. Je connais leur extrême vigilance pour signaler nos erreurs, il ne faut pas que ça change, ils sont là pour ça. Je compte instaurer avec eux un rapport de confiance, on a des débats, c’est normal. Je veux aussi parler de l’opposition externe au conseil.

On a dans cette ville beaucoup de gens qui s’expriment sur les réseaux sociaux de façon anonyme, je trouve que ce n’est pas sain. Tout le monde a le droit de s’exprimer, d’avoir son opinion, de détester Raphaël Cognet, Pierre Bédier ou Michel Vialay, mais ce qu’on lit sur certains blogs ou comptes Twitter et Facebook, je considère que ce n’est pas démocratique. Quand tu as quelque chose à dire, tu te présentes aux élections.

Elle dénonce déjà vos multiples responsabilités…
Je vais m’occuper de dégager un maximum de temps pour mon boulot de maire, il y a des choses que je vais abandonner. Mais on ne va pas s’exclure des responsabilités, notre boulot est au contraire que des Mantais obtiennent un maximum de responsabilités dans des organismes influents pour que ça bénéficie à un maximum de personnes ici. C’est une polémique qui, pour moi, n’a pas lieu d’être, et je me dis que ceux qui portent ça n’ont pas grand-chose à me reprocher.

Continuerez-vous à travailler au Medef ?
Je continue à travailler à deux cinquièmes. Le mardi et le mercredi, je serai à Paris. On va essayer de s’organiser comme ça, et on verra dans le temps ce que ça donne.

Vous n’avez pas renouvelé votre adhésion à Sens commun (issu de la Manif pour tous, Ndlr) ?
J’ai envie d’être libre. Je ne renonce à aucune de mes convictions personnelles, mais je ne veux pas que mon étiquette ou mon appartenance domine. Quant à mes convictions religieuses, elles n’ont rien à faire dans le débat public !

Je ne demande pas à mes adjoints ce qu’ils croient, je considère que ça relève de la vie personnelle et qu’il y en a un peu ras-le-bol de parler religion tout le temps. Dans nos permanences, personne ne nous parle de religion. […] Ma vision de la fonction de maire est d’être un rassembleur […] rien de ce que tu fais ne doit empêcher les gens de venir te parler.