A Juziers comme à Villennes-sur-Seine, c’est peu de dire que les coupures brutales de l’alimentation en gaz de certains quartiers a été mal vécue par les habitants et leurs représentants élus. Ils déplorent l’absence de toute information préalable, et s’étonnent parfois de coupures qui n’avaient pas eu lieu lors de précédentes crues de même ampleur.

« Les gens ne comprennent pas, nous, on ne comprend pas. » C’est un maire de Juziers dépité qui se confiait samedi dernier. Dans la commune, en effet, l’alimentation en gaz des logements du quai Léon Chausson a été coupée ce vendredi 26 janvier sans aucun avertissement, et alors que l’immense majorité d’entre eux est au sec. « C’est l’incompréhension générale car même en 2001, alors que la crue était plus haute que les prévisions actuelles, cette mesure n’avait pas été prise », déplore un riverain.

Autre ville, mêmes pratiques de GRDF. Vendredi soir, le maire de Villennes-sur-Seine apprenait la mise en place de coupures déjà débutées. « Quelques maisons dans l’île ont été coupées cet après-midi, indique le maire Michel Pons (DVD). Les gens rentrent chez eux, ils n’ont plus de gaz et sont furieux. Evidemment, je me fais engueuler… »

Le maire de Juziers Philippe Ferrand (SE) a manifesté sa colère envers GRDF auprès de la cellule de crise préfectorale. « Ils ne font qu’empirer une situation qui marchait très bien, le réseau de gaz est bon, estime-t-il. Et surtout sans prévenir aucunement en amont ! Les gens auraient pu prendre leurs dispositions. » Les deux maires décrivent des réactions très fermes du siège de GRDF à leurs réclamations.

« Ils sont très intransigeants », rapporte Michel Pons. Le gestionnaire du réseau de gaz a répondu à ces édiles en colère qu’il appliquait strictement son plan, où les coupures sont déterminées par les hauteurs d’eau, et mises en place lorsqu’il est estimé que les boîtiers de contrôle des sous-réseaux ont un risque de submersion. La prochaine fois, les deux élus suggèrent de prévenir habitants et mairies avant les coupures.