« Si on avait voulu ouvrir les vannes, l’opération aurait été vendue quatre fois », assure l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa) à la question de savoir pourquoi les 58 hectares de foncier disponible de la zone d’activités Mantes Innovaparc restent largement vacants. « L’ambition est très forte », assure l’établissement du quartier d’activités conçu par l’urbaniste Christian Devillers, le long de l’autoroute A13, au niveau du péage de Buchelay.

Ce mercredi 14 mars, en parallèle de l’officialisation du nom du nouvel urbaniste choisi pour le futur quartier d’habitation, tout proche, de Mantes université, l’Epamsa lance aussi un appel à idées pour Mantes Innovaparc, au Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim) de Cannes. Il est destiné à des entreprises souhaitant étudier l’aménagement des « macro-lots », dans cette zone lancée en 2012 par l’inauguration de la pépinière et hôtel d’entreprises Inneos.

Elle avait été suivie, en 2014, par l’installation de l’usine de Sulzer pompes, qui quittait ainsi son usine historique de Mantes-la-Ville située au coeur de l’opération Mantes université. En 2015, l’entreprise mantaise Tessalu signait l’acquisition d’un terrain de 8 000 m² destinés à deux bâtiments de production de menuiseries pour véranda. A terme, 2 500 emplois sont souhaités par l’Epamsa dans cette zone d’activités.

« Nous voulons trouver des opérateurs qui ont envie de réfléchir avec nous, on fera toute une série d’ateliers de réflexions », explique un responsable de l’Epamsa des équipes issues de cet appel à idées. « Ce n’est pas le dessin proprement dit qui nous intéresse mais la façon dont on l’aborde, poursuit-il. Ce peut être des bâtiments de 100 à 4 000 m², des cellules en location-vente, un foisonnement de moyens de transports, un parking commun… »

« L’ambition est très forte », assure l’Epamsa de la zone conçue par l’urbaniste Christian Devillers, le long de l’autoroute A13, au niveau du péage de Buchelay (violet sur la carte ci-dessus, Ndlr).

L’établissement compte sur des groupes pluridisciplinaires de « professionnels libérés dans leur tête », pouvant intégrer des « architectes, start-ups, programmistes, prospectivistes » afin de réfléchir aux utilisations possibles des « macro-lots » du quartier. Ces « surfaces de 4 à 5 hectares » sont destinées à être vendues « à plusieurs entreprises ».

« L’idée des macro-lots, c’est l’idée de mutualisation. Mutualisation du traitement du recueil et du traitement de l’eau, mutualisation des parkings, détaille l’’urbaniste Christian Devillers. On va plutôt avoir de belles façades, avec de l’espace vert devant, les parkings à l’intérieur ou derrière, et une plus grande souplesse dans l’accueil de ces activités. »

Mais les précédentes consultations lancées par l’Epamsa, plus traditionnelles, n’ont pas vraiment attiré les candidatures espérées. « On avait déjà fait des consultations, […] deux opérateurs sont sortis de mon bureau, commente ainsi l’un de ses responsables, échaudé par l’expérience. L’un proposait un cube de 40 000 m² sur 16 m de haut au bardage bleu et blanc. […] On est aussi sollicités pour des surfaces commerciales. »

« L’élément de base est qu’on ne veut pas quelqu’un qui arrive sur 40 000 m² et nous fasse un bâtiment de logistique en nous disant que c’est l’avenir », prévient-t-il donc des attentes de l’Epamsa. Cet appel à idées permettra-t-il le maintien de l’ambition initiale ? « Ce terrain et cette localisation sont une pépite, il ne faut pas gâcher », assure en tout cas l’établissement.

Crédit photo : AGENCE NICOLAS MICHELIN & ASSOCIES