Le dernier conseil municipal du mardi 13 mars a vu actée la démission de quatre conseillers municipaux et de Laurence Labayle, ex-première adjointe en charge des finances… et surtout nièce d’André Samitier, maire emblématique de la commune de 1971 à 2004. Cette démission fait suite au retrait de ses délégations par Jean Lemaire (UDI), premier magistrat de la commune au mois de février dernier. La principale intéressée reproche à l’édile une gestion autoritaire. Pour sa part, Jean Lemaire évoque une adjointe absente.

« Je suis content d’être là, mais je suis surpris par ces cinq démissions », avance l’ancien maire (de 2008 à 2010, Ndlr) Pierre-Marie Darnaut (DVG). Suite à ces démissions, le médecin fait son entrée dans le conseil municipal. Dernier conseiller inscrit sur la liste de fusion (les listes de Pierre-Marie Darnaut et Jean Lemaire avaient fusionné durant l’entre-deux tours des municipales de 2014, mais des différends opposent aujourd’hui les deux hommes, Ndlr) il poursuit : «  Quelles en sont les raisons ? Je vois que Madame Labayle est dans le public, peut-être qu’elle peut prendre la parole ? »

« J’espérais qu’elle vienne plus souvent en mairie, qu’elle assure sa mission d’adjointe, ce qu’elle n’a jamais fait depuis ces deux dernières années », explique Jean Lemaire (UDI), des raisons qui ont poussé au retrait des délégations de Laurence Labayle.

Le maire coupe court : « Il n’est pas question de donner la parole à quelqu’un du public. Elle pourra faire sa tribune dehors, à la fin du conseil. » Il ajoute qu’il n’a « pas d’explications », concernant cette démission. « On a pris acte », prononce-t-il en guise de conclusion. Le public, environ une quarantaine de personnes, tout comme Pierre-Marie Darnaut, devront donc patienter jusqu’à la fin du conseil pour connaître les motivations de Laurence Labayle. En premier lieu, l’ancienne première adjointe pointe un « management délétère » au sein de la mairie.

« Trente-huit agents de la commune, soit près d’un tiers du personnel, sont venus me narrer ce qu’ils subissaient ou ce qu’ils voyaient, impuissants, leurs collègues subir », détaille-t-elle dans sa lettre de démission, envoyée au préfet le 27 février dernier. Un problème dont l’édile n’aurait pas connaissance : « Je ne sais pas ce qu’elle entend par là. Dans une mairie, en principe, c’est toujours le maire qui est en charge du personnel (…). Je n’ai pas connaissance de quelque chose vis-à-vis des agents. »

Et de s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussé à retirer les délégations de sa première adjointe : « J’espérais qu’elle vienne plus souvent en mairie, qu’elle assure sa mission d’adjointe, ce qu’elle n’a jamais fait depuis ces deux dernières années. » Il évoque également des plaintes « d’administrés qui viennent me voir en me demandant pourquoi elle n’est pas là ».

Une décision prise suite à plusieurs avertissements, selon lui. « Il y a plus d’un an que j’avais commencé à la prévenir, j’ai franchi le pas, explique-t-il. En tant que responsable des deniers publics, il faut montrer une position d’économies. »

C’est à la fin du conseil municipal, dehors, que Laurence Labayle explique au public les motivations ayant mené à sa démission.

« Il a une mémoire sélective, balaie Laurence Labayle des reproches concernant son manque d’implication. Dès 2010, je me suis investie dans l’opposition. Et lors de la dernière campagne, je me levais à 4 h du matin pour les tracts. »

Elle pointe également le devenir de l’Orangerie, bâtiment communal qu’elle ne souhaite pas voir vendre à un promoteur privé : « [Une] vente pour laquelle Monsieur le Maire s’est arc-bouté pour renchérir et ce, contre la majorité de l’opinion publique de la commune, alors que je préconisais de rechercher une association de défense du patrimoine historique pour récupérer ce bâtiment. »

Laurence Labayle n’était pas n’importe quel numéro deux sur la liste Restons village, portée par Jean Lemaire. Nièce du maire tutélaire André Samitier, elle en représentait l’héritage politique, cher à bien des Gargenvillois comme pour quiconque cherchait leurs suffrages. Aujourd’hui éjectée, elle ne cache pas son amertume : « Il s’est servi de mon nom. »

L’édile relativise aujourd’hui la portée du lien familial de son ex-adjointe : « Monsieur Samitier a fait 33 ans de mandat, alors effectivement, à une certaine époque, il y avait une population qui connaissait bien Monsieur Samitier. Aujourd’hui, la population s’est largement renouvelée, je ne suis pas sûr, si vous interrogez des Gargenvillois sur qui était Monsieur Samitier, je ne sais pas s’ils auront la réponse. En tout cas ce n’est pas son nom qui a fait l’élection. »